Cours conforme au programme officiel BAC série C, D et E - Physique-Chimie Spécialité Terminale
À la fin de cette leçon, vous serez capable de :
L'électrocinétique constitue l'un des piliers fondamentaux du programme de Physique-Chimie en Terminale, particulièrement pour les séries scientifiques C, D et E du système éducatif camerounais. Cette discipline étudie le mouvement des charges électriques dans les conducteurs et les lois qui régissent leur comportement dans les circuits électriques. Selon le Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) et l'Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC), la maîtrise de l'électricité représente un objectif prioritaire car elle constitue la base de nombreuses applications technologiques contemporaines et prépare les élèves aux études supérieures en sciences et ingénierie.
Le référentiel officiel du MINESEC pour le Baccalauréat général impose une connaissance approfondie des lois de Kirchhoff, des méthodes de calcul des circuits électriques et de la notion de puissance électrique. Ces contenus représentent systématiquement entre 25% et 35% des coefficients de l'épreuve écrite obligatoire de Physique-Chimie au BAC (coefficient 5 en série C, coefficient 4 en série D). L'examen national du Baccalauréat évalue ces compétences à travers des épreuves écrites obligatoires où la note minimale de 10/20 est requise pour l'admission. Les questions portent généralement sur l'analyse de circuits comportant plusieurs mailles, le calcul de grandeurs électriques et l'étude des régimes transitoires.
Cette leçon s'inscrit pleinement dans le cadre normatif défini par l'OBC et le MINESEC. Elle approfondit les notions fondamentales de l'électrocinétique en respectant scrupuleusement la progression pédagogique recommandée : grandeurs électriques de base, lois de conservation (Kirchhoff), associations de dipôles, énergétique des circuits et enfin régimes variables. L'objectif est de vous préparer méthodiquement aux exigences de l'examen national tout en développant une compréhension physique solide des phénomènes électriques.
Définition officielle (MINESEC) :
L'intensité du courant électrique I représente le débit de charges électriques traversant une section du conducteur par unité de temps. Elle s'exprime en ampères (A) et se définit par la relation : I = dq/dt, où dq est la charge élémentaire traversant la section pendant l'intervalle de temps dt.
La tension électrique U (ou différence de potentiel) entre deux points A et B d'un circuit mesure le travail fourni par les forces électriques pour déplacer une charge unitaire de A vers B. Elle s'exprime en volts (V) : U_AB = V_A - V_B = W_AB/q.
La résistance électrique R caractérise l'opposition qu'un conducteur présente au passage du courant. Elle s'exprime en ohms (Ω) et dépend de la géométrie du conducteur et de sa résistivité : R = ρ·L/S.
La loi d'Ohm établit une relation linéaire entre la tension aux bornes d'un conducteur ohmique et l'intensité qui le traverse : U = R·I. Cette loi constitue l'un des outils fondamentaux pour l'analyse des circuits électriques et apparaît systématiquement dans les sujets du Baccalauréat camerounais.
Exemple concret : Un fil de cuivre de longueur L = 2 m et de section S = 1 mm² présente une résistivité ρ = 1,7×10⁻⁸ Ω·m. Sa résistance vaut R = (1,7×10⁻⁸ × 2) / (1×10⁻⁶) = 0,034 Ω. Si un courant de 5 A le traverse, la tension à ses bornes sera U = 0,034 × 5 = 0,17 V.
Énoncé normatif (Programme officiel MINESEC) :
Dans un circuit électrique en régime permanent, la somme algébrique des intensités des courants qui arrivent à un nœud est égale à la somme algébrique des intensités des courants qui en repartent. Mathématiquement : ΣI_entrants = ΣI_sortants ou encore ΣI = 0 en affectant un signe aux courants selon une convention choisie.
Cette loi traduit le principe de conservation de la charge électrique : les charges ne peuvent ni s'accumuler ni disparaître en un point du circuit. Elle constitue un outil indispensable pour résoudre les circuits comportant des dérivations et apparaît systématiquement dans les exercices du BAC.
Méthode d'application conforme au référentiel OBC :
Exemple normalisé : À un nœud arrivent trois courants I₁ = 2 A, I₂ = 3 A et en repartent deux courants I₃ et I₄ = 1,5 A. La loi des nœuds impose : I₁ + I₂ = I₃ + I₄, donc I₃ = 2 + 3 - 1,5 = 3,5 A.
Énoncé normatif (Programme officiel MINESEC) :
Dans un circuit électrique, la somme algébrique des tensions rencontrées le long d'une maille fermée est nulle. Mathématiquement : ΣU = 0 en parcourant la maille dans un sens choisi et en affectant un signe aux tensions selon leur orientation.
Cette loi découle du principe de conservation de l'énergie : le travail total des forces électriques le long d'un parcours fermé est nul. Elle permet de mettre en relation toutes les tensions d'une maille et constitue l'outil principal pour résoudre les circuits complexes aux examens.
Convention de signes officielle (MINESEC) :
Exemple type BAC : Dans une maille comportant un générateur de f.é.m. E = 12 V, une résistance R₁ = 10 Ω traversée par I = 0,8 A et une résistance R₂, la loi des mailles donne : E - R₁·I - R₂·I = 0, soit R₂ = (E - R₁·I)/I = (12 - 8)/0,8 = 5 Ω.
Le programme officiel du MINESEC impose la maîtrise parfaite des règles d'association des résistances, compétence systématiquement évaluée au Baccalauréat.
Association série (résistances en série) :
Des résistances sont en série lorsqu'elles sont traversées par le même courant. La résistance équivalente est : R_éq = R₁ + R₂ + R₃ + ... + Rₙ
La tension totale se répartit proportionnellement aux résistances : U_total = U₁ + U₂ + ... + Uₙ
Association parallèle (résistances en parallèle) :
Des résistances sont en parallèle lorsqu'elles sont soumises à la même tension. L'inverse de la résistance équivalente vaut : 1/R_éq = 1/R₁ + 1/R₂ + 1/R₃ + ... + 1/Rₙ
Pour deux résistances en parallèle : R_éq = (R₁·R₂)/(R₁ + R₂)
Le courant total se répartit inversement aux résistances : I_total = I₁ + I₂ + ... + Iₙ
Diviseur de tension (pont de résistances) : Dans un circuit série alimenté par une tension U, la tension aux bornes d'une résistance R_i vaut : U_i = U × (R_i/R_total)
Diviseur de courant : Pour deux résistances R₁ et R₂ en parallèle alimentées par un courant I, les courants dans chaque branche valent : I₁ = I × (R₂/(R₁+R₂)) et I₂ = I × (R₁/(R₁+R₂))
| Type d'association | Grandeur commune | Formule R_équivalente | Propriété |
|---|---|---|---|
| Série | Courant I | R_éq = ΣR_i | R_éq > R_max |
| Parallèle | Tension U | 1/R_éq = Σ(1/R_i) | R_éq < R_min |
Définitions normatives (Programme MINESEC) :
La puissance électrique instantanée P reçue par un dipôle parcouru par un courant d'intensité I et soumis à une tension U est : P = U·I (en watts, W)
Pour un conducteur ohmique de résistance R : P = R·I² = U²/R (loi de Joule)
L'énergie électrique E consommée pendant une durée t est : E = P·t (en joules, J) ou E = P·t (en kWh si P en kW et t en h)
L'effet Joule désigne la transformation irréversible de l'énergie électrique en chaleur dans un conducteur résistif. Cette dissipation thermique représente généralement une perte énergétique dans les systèmes électriques, sauf dans les applications de chauffage.
Rendement énergétique : Le rendement η d'un dispositif électrique mesure l'efficacité de la conversion énergétique : η = P_utile/P_absorbée = E_utile/E_absorbée, avec η < 1 (ou < 100%). Ce concept est systématiquement évalué dans les exercices du Baccalauréat portant sur les générateurs et moteurs électriques.
Exemple conforme au référentiel OBC : Un radiateur électrique de résistance R = 48,4 Ω est alimenté sous U = 220 V. La puissance dissipée vaut P = U²/R = (220)²/48,4 = 1000 W = 1 kW. En fonctionnant pendant 5 heures, il consomme E = 1 × 5 = 5 kWh d'énergie.
Le programme de Terminale du MINESEC introduit l'étude des régimes variables dans les circuits comportant des condensateurs. Cette partie représente souvent la question la plus élaborée des sujets de BAC.
Circuit RC : charge du condensateur
Lorsqu'on ferme l'interrupteur d'un circuit série comportant un générateur de f.é.m. E, une résistance R et un condensateur de capacité C (initialement déchargé), la tension aux bornes du condensateur évolue selon :
u_C(t) = E·(1 - e^(-t/τ))
où τ = R·C est la constante de temps du circuit (en secondes).
Le courant de charge décroît exponentiellement : i(t) = (E/R)·e^(-t/τ)
Circuit RC : décharge du condensateur
Lorsqu'un condensateur chargé se décharge à travers une résistance R, la tension à ses bornes décroît selon :
u_C(t) = U_0·e^(-t/τ)
où U_0 est la tension initiale et τ = R·C la constante de temps.
Interprétation physique de τ (au programme officiel) :
Méthode de détermination expérimentale de τ (type TP BAC) : On mesure u_C(t) et on trace la courbe. On détermine graphiquement la tangente à l'origine qui coupe l'asymptote horizontale en t = τ. Alternativement, on lit directement la date correspondant à 0,63·E (charge) ou 0,37·U_0 (décharge).
ÉNONCÉ :
On considère le circuit suivant : un générateur de f.é.m. E = 12 V et de résistance interne r = 1 Ω alimente deux branches en parallèle. La première branche contient une résistance R₁ = 6 Ω, la seconde contient deux résistances en série R₂ = 4 Ω et R₃ = 8 Ω.
Questions :
RÉSOLUTION MÉTHODIQUE :
Question 1 : Résistance équivalente
La branche 1 contient R₁ = 6 Ω.
La branche 2 contient R₂ et R₃ en série : R₂₃ = R₂ + R₃ = 4 + 8 = 12 Ω.
Les deux branches sont en parallèle, donc :
1/R_ext = 1/R₁ + 1/R₂₃ = 1/6 + 1/12 = 2/12 + 1/12 = 3/12
R_ext = 4 Ω
Question 2 : Intensité débitée par le générateur
La résistance totale du circuit est : R_tot = r + R_ext = 1 + 4 = 5 Ω
Loi d'Ohm généralisée : E = R_tot·I
I = E/R_tot = 12/5 = 2,4 A
Question 3 : Intensités dans chaque branche
Tension aux bornes de l'ensemble parallèle : U = R_ext·I = 4 × 2,4 = 9,6 V
Cette tension est commune aux deux branches (dipôles en parallèle).
Branche 1 : I₁ = U/R₁ = 9,6/6 = 1,6 A
Branche 2 : I₂ = U/R₂₃ = 9,6/12 = 0,8 A
Vérification (loi des nœuds) : I = I₁ + I₂ = 1,6 + 0,8 = 2,4 A ✓
Question 4 : Puissance dissipée dans R₂
La résistance R₂ est traversée par I₂ = 0,8 A.
P₂ = R₂·I₂² = 4 × (0,8)² = 4 × 0,64 = 2,56 W
Question 5 : Rendement du générateur
Puissance fournie par le générateur : P_fournie = E·I = 12 × 2,4 = 28,8 W
Puissance utile (dans le circuit extérieur) : P_utile = R_ext·I² = 4 × (2,4)² = 23,04 W
Rendement : η = P_utile/P_fournie = 23,04/28,8 = 0,8 = 80%
Alternativement : η = R_ext/(R_ext + r) = 4/(4+1) = 4/5 = 0,8 = 80%
ÉNONCÉ :
Un condensateur de capacité C = 100 μF, initialement déchargé, est chargé à travers une résistance R = 2 kΩ par un générateur de f.é.m. E = 10 V (résistance interne négligeable). À t = 0, on ferme l'interrupteur.
Questions :
RÉSOLUTION MÉTHODIQUE :
Question 1 : Constante de temps
τ = R·C = 2×10³ × 100×10⁻⁶ = 0,2 s = 200 ms
Question 2 : Équation différentielle
Loi des mailles : E = u_R + u_C = R·i + u_C
Or i = C·du_C/dt, donc : E = R·C·du_C/dt + u_C
En réarrangeant : du_C/dt + u_C/(R·C) = E/(R·C)
Ou encore : τ·du_C/dt + u_C = E
Question 3 : Solutions
La solution générale de cette équation différentielle avec conditions initiales u_C(0) = 0 est :
u_C(t) = E·(1 - e^(-t/τ)) = 10·(1 - e^(-t/0,2)) en volts
Le courant s'obtient par i = C·du_C/dt ou par i = (E - u_C)/R :
i(t) = (E/R)·e^(-t/τ) = (10/2000)·e^(-t/0,2) = 5×10⁻³·e^(-t/0,2) en ampères
Question 4 : Valeurs numériques
À t₁ = τ = 0,2 s :
u_C(τ) = 10·(1 - e⁻¹) = 10·(1 - 0,368) = 10 × 0,632 = 6,32 V
i(τ) = 5×10⁻³·e⁻¹ = 5×10⁻³ × 0,368 = 1,84 mA
À t₂ = 3τ = 0,6 s :
u_C(3τ) = 10·(1 - e⁻³) = 10·(1 - 0,050) = 9,50 V
i(3τ) = 5×10⁻³·e⁻³ = 5×10⁻³ × 0,050 = 0,25 mA
Question 5 : Énergie stockée
En régime permanent (t → ∞), u_C = E = 10 V.
L'énergie
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