Quand on évoque la musique de l'Afrique de l'Ouest, un son plane au-dessus de tous : celui de la Kora, instrument à 21 cordes au timbre cristallin, considéré comme le « piano de la savane ». Symbole de l'empire mandingue (Mali, Sénégal, Guinée, Gambie, Burkina Faso), la Kora accompagne les djelis (griots) depuis au moins le XIII? siècle, époque de l'empereur Soundjata Keïta.

La Kora est constituée d'une demi-calebasse géante (parfois 60 cm de diamètre) recouverte d'une peau de vache ou d'antilope qui sert de table d'harmonie. Un long manche en bois traverse cette caisse, et 21 cordes (à l'origine en boyau, aujourd'hui en nylon de fil de pêche) sont tendues sur deux rangées parallèles. Le musicien tient l'instrument debout, le coince entre ses jambes, et joue avec les pouces et les index uniquement, les autres doigts servant à maintenir les poignées latérales.
Selon la tradition mandingue, la Kora aurait été inventée par Jali Mady Wuleng, griot du roi Mansa Soundjata vers 1235. Une autre légende attribue son invention à un djinn (génie) capturé par un chasseur, qui aurait offert l'instrument en échange de sa liberté. Ce mythe rappelle que pour les Mandingues, la Kora n'est pas qu'un objet : c'est un être surnaturel qui dialogue avec le monde invisible.
« La Kora pleure quand on raconte la mort des rois ; elle rit quand naissent les enfants. » — Toumani Diabaté
Parmi les grands maîtres contemporains qui ont fait connaître la Kora dans le monde : Toumani Diabaté (Mali, multi-Grammy), son fils Sidiki Diabaté, Ballaké Sissoko, et le pionnier Mory Kanté. À Londres, le britannique d'origine gambienne Sona Jobarteh est devenue, en 2009, la première femme griotte professionnelle issue d'une lignée traditionnelle.

À Paris, Bruxelles, Montréal et New York, des écoles enseignent désormais la Kora. Ballaké Sissoko a collaboré avec le violoncelliste français Vincent Segal (album Chamber Music, 2009). Le label allemand World Circuit a popularisé le duo Toumani Diabaté/Ali Farka Touré (In the Heart of the Moon, Grammy Award 2006). Pour la diaspora, apprendre la Kora, c'est se relier à 800 ans de mémoire ouest-africaine.
La leçon suivante est également gratuite. Découvrez-la sans inscription.
Leçon 2 — Continuer →Choisis quels cookies tu acceptes — modifiable à tout moment.