À la fin de cette leçon, vous saurez :
Le présent chapitre s'inscrit dans le programme officiel d'Histoire-Géographie de la classe de 3ème, dernière année du cycle d'observation de l'enseignement secondaire général au Cameroun. Selon les directives de l'Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) et du Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC), les candidats au Brevet d'Études du Premier Cycle (BEPC) doivent démontrer une maîtrise solide de l'histoire nationale contemporaine. L'épreuve d'Histoire-Géographie représente l'une des six matières écrites obligatoires du BEPC, aux côtés du Français, des Mathématiques, de la Physique-Chimie-Technologie (PCT), des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et de l'Anglais, avec une note minimale de 10/20 requise pour l'admission.
Ce chapitre consacré au Cameroun contemporain et aux grands enjeux mondiaux couvre la période allant de l'indépendance (1960) à nos jours. Il s'articule autour de trois axes fondamentaux : l'évolution politique et institutionnelle du Cameroun sous les présidences successives d'Ahmadou Ahidjo puis de Paul Biya ; les transformations économiques et sociales du pays ; et l'insertion du Cameroun dans les dynamiques mondiales (décolonisation, guerre froide, mondialisation). Cette leçon s'appuie sur les référentiels officiels du MINESEC et vise à préparer efficacement les élèves aux exigences de l'examen national. Elle prolonge les acquis du Chapitre 1 sur l'Afrique coloniale et se distingue du Chapitre 3 consacré à la géographie du continent africain et du Cameroun.
Définition officielle : La réunification désigne le processus d'union, le 1er octobre 1961, entre le Cameroun oriental (ancienne tutelle française, indépendant depuis le 1er janvier 1960) et le Cameroun occidental méridional (Southern Cameroons, ancienne tutelle britannique). Cette union fait suite au référendum du 11 février 1961 organisé sous supervision de l'ONU.
Contexte historique : Après la Première Guerre mondiale, l'ancien Kamerun allemand est divisé entre la France (4/5 du territoire) et la Grande-Bretagne (1/5, subdivisé en Northern et Southern Cameroons). Le 1er janvier 1960, le Cameroun sous tutelle française accède à l'indépendance sous la présidence d'Ahmadou Ahidjo. Le 11 février 1961, deux référendums distincts sont organisés dans les territoires sous tutelle britannique : le Northern Cameroons vote pour le rattachement au Nigeria, tandis que le Southern Cameroons opte pour la réunification avec la République du Cameroun.
Conséquences : La réunification donne naissance à la République Fédérale du Cameroun, composée de deux États fédérés : le Cameroun oriental (francophone) et le Cameroun occidental (anglophone). Cette structure bicéphale instaure un bilinguisme officiel (français-anglais) et des institutions fédérales tout en préservant une certaine autonomie régionale. La Constitution de 1961 établit un système à deux chambres législatives et deux gouvernements régionaux. Ce fédéralisme sera toutefois remplacé par un État unitaire en 1972.
Définition officielle : Le référendum constitutionnel du 20 mai 1972 transforme la République Fédérale du Cameroun en République Unie du Cameroun, supprimant les structures fédérales au profit d'un État centralisé sous l'autorité du président Ahmadou Ahidjo.
Justifications officielles : Le président Ahidjo présente cette réforme comme nécessaire pour renforcer l'unité nationale, rationaliser l'administration, réduire les coûts de fonctionnement de l'État et accélérer le développement économique. Le référendum obtient une très large majorité (99,99% de "oui" selon les résultats officiels), traduisant le contexte de parti unique et d'absence d'opposition organisée.
Implications : Les gouvernements régionaux sont supprimés, l'Assemblée fédérale unique remplace les deux parlements régionaux, et l'administration est unifiée sous l'autorité directe du pouvoir central à Yaoundé. Cette centralisation suscite des frustrations persistantes dans les régions anglophones, qui y voient une marginalisation progressive de leur spécificité culturelle et linguistique. Ces tensions resurgiront de manière aiguë dans les années 2010 avec la crise anglophone.
Définition officielle : L'UNC (Union Nationale Camerounaise) est le parti unique créé en 1966 par fusion de l'Union Camerounaise (UC) et du Kamerun National Democratic Party (KNDP), sous l'autorité du président Ahmadou Ahidjo. Il constitue de 1966 à 1990 l'unique organisation politique légale au Cameroun.
Organisation et fonctionnement : L'UNC structure l'ensemble de la vie politique camerounaise selon un modèle vertical et hiérarchisé. Le président du parti est automatiquement candidat unique à l'élection présidentielle. Les députés sont élus sur une liste unique présentée par l'UNC. Le parti contrôle également les syndicats, les organisations de jeunesse et les associations professionnelles. Cette structure vise, selon le discours officiel, à préserver l'unité nationale et à éviter les divisions ethniques ou régionales.
Contexte africain : Le système du parti unique n'est pas spécifique au Cameroun ; il caractérise la majorité des États africains dans les années 1960-1980 (Côte d'Ivoire avec le PDCI, Sénégal avec l'UPS puis le PS, Tanzanie avec le CCM, etc.). Ces régimes se justifient par la nécessité de construire l'unité nationale dans des sociétés ethniquement diversifiées et de mobiliser les ressources pour le développement.
Définition officielle : Le multipartisme désigne le retour à un système politique autorisant l'existence et la compétition de plusieurs formations politiques. Au Cameroun, cette ouverture intervient en décembre 1990 avec la loi n°90/56 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques.
Contexte international : Le début des années 1990 marque un tournant mondial avec la chute du mur de Berlin (1989), l'effondrement de l'URSS (1991) et la fin de la guerre froide. En Afrique, le discours de La Baule du président français François Mitterrand (juin 1990) conditionne l'aide au développement à la démocratisation. Ces pressions externes conjuguées à des mobilisations internes (grèves, manifestations, revendications syndicales) poussent de nombreux régimes africains, dont le Cameroun, à autoriser le multipartisme.
Application au Cameroun : Sous la pression populaire et internationale, le président Paul Biya annonce en juin 1990 le retour au multipartisme. La loi de décembre 1990 permet la création de partis politiques, mettant fin au monopole du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC, nouveau nom de l'UNC depuis 1985). Plusieurs partis d'opposition émergent rapidement : Social Democratic Front (SDF), Union Démocratique du Cameroun (UDC), Union des Populations du Cameroun (UPC). Les premières élections multipartites se tiennent en 1992 (législatives et présidentielle).
Contexte d'examen : Le programme MINESEC pour le BEPC exige que les candidats situent l'histoire nationale dans le contexte mondial. Les questions d'examen demandent régulièrement d'établir des liens entre événements camerounais et dynamiques internationales.
| Événement mondial | Dates clés | Impact sur le Cameroun/Afrique |
|---|---|---|
| Première Guerre mondiale | 1914-1918 | Défaite allemande → partage du Kamerun entre France et Grande-Bretagne (mandats SDN) |
| Seconde Guerre mondiale | 1939-1945 | Ralliement du Cameroun à la France Libre (1940) → mandats transformés en tutelles ONU (1946) |
| Guerre froide | 1947-1991 | Contexte de la décolonisation ; influence des blocs occidental et soviétique sur les choix politiques africains |
| Vague des indépendances africaines | 1960 ("Année de l'Afrique") | 17 pays africains accèdent à l'indépendance, dont le Cameroun (1er janvier 1960) |
| Chute du mur de Berlin | 9 novembre 1989 | Fin de la guerre froide → vague de démocratisation en Afrique (conférences nationales, multipartisme) |
| Mondialisation | Années 1990-2000 | Intégration économique (OMC, accords régionaux CEMAC) ; défis sanitaires (VIH/SIDA) ; technologies numériques |
Selon les orientations du MINESEC, les élèves de 3ème doivent être capables d'identifier les enjeux actuels du développement camerounais. Parmi ces défis figurent :
Énoncé type examen : Classez par ordre chronologique les événements suivants de l'histoire du Cameroun : A) Référendum instaurant l'État unitaire ; B) Indépendance du Cameroun oriental ; C) Accession de Paul Biya à la présidence ; D) Retour au multipartisme ; E) Réunification avec le Cameroun occidental.
Résolution pas-à-pas :
Réponse finale : B - E - A - C - D (1960 → 1961 → 1972 → 1982 → 1990)
Énoncé type examen : « Le passage de la République Fédérale à la République Unie en 1972 visait à renforcer l'unité nationale camerounaise. » Dans un développement structuré de 15 à 20 lignes, expliquez cette affirmation en présentant les arguments officiels et les conséquences de cette réforme.
Méthodologie de résolution :
Corrigé modèle :
En 1972, le président Ahmadou Ahidjo organise un référendum pour transformer la République Fédérale du Cameroun, née de la réunification de 1961, en République Unie. Cette réforme institutionnelle majeure vise officiellement à renforcer l'unité nationale.
Les arguments avancés par le pouvoir sont d'abord d'ordre administratif et économique. La structure fédérale implique le maintien de deux gouvernements régionaux et de deux assemblées, ce qui entraîne des coûts de fonctionnement élevés et des lenteurs bureaucratiques. L'unification permet de rationaliser l'administration et de concentrer les ressources sur le développement. Sur le plan politique, Ahidjo estime qu'un État centralisé favorise la cohésion nationale dans un pays marqué par une grande diversité ethnique (plus de 250 ethnies) et linguistique (français-anglais). Le contexte du parti unique (UNC) renforce cette logique d'unification verticale.
Les conséquences sont immédiates : suppression des gouvernements régionaux, création d'une Assemblée nationale unique, centralisation administrative à Yaoundé. Le bilinguisme officiel est maintenu, mais la gestion centralisée suscite progressivement des frustrations dans les anciennes régions du Cameroun occidental, qui estiment perdre leur autonomie et leur spécificité. Ces tensions, contenues durant des décennies, resurgiront avec force dans les années 2010 sous forme de crise anglophone.
Ainsi, si la réforme de 1972 a effectivement renforcé l'unité institutionnelle et simplifié l'administration, elle a également créé des déséquilibres régionaux sources de tensions durables, interrogeant la vision centralisatrice de l'unité nationale.
Énoncé type examen : Expliquez en 8 à 10 lignes comment la chute du mur de Berlin (1989) et la fin de la guerre froide ont influencé l'évolution politique du Cameroun dans les années 1990.
Résolution structurée :
Corrigé modèle :
La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 symbolise la fin de la guerre froide et l'effondrement du bloc soviétique. Ce bouleversement géopolitique mondial a des répercussions directes sur l'Afrique et le Cameroun. Durant la guerre froide, les régimes africains, qu'ils soient pro-occidentaux ou pro-soviétiques, bénéficiaient du soutien de leur camp respectif sans contraintes démocratiques. La fin de cette bipolarité change la donne : les puissances occidentales, notamment la France, conditionnent désormais leur aide au développement à des réformes démocratiques. Le discours de La Baule prononcé par François Mitterrand en juin 1990 marque ce tournant. Au Cameroun, le régime du président Paul Biya, confronté à des pressions internes (grèves, manifestations, revendications syndicales) et externes (bailleurs de fonds), annonce le retour au multipartisme en décembre 1990 après 24 années de parti unique. Cette ouverture démocratique permet l'émergence de partis d'opposition et l'organisation d'élections multipartites à partir de 1992. Ainsi, la fin de la guerre froide a directement favorisé la transition démocratique camerounaise, même si celle-ci demeure fragile et inachevée.
❌ Piège n°1 : Confondre indépendance et réunification
Erreur fréquente : Certains élèves situent l'indépendance du Cameroun en 1961 au lieu de 1960. Le 1er janvier 1960 marque l'indépendance du Cameroun oriental (ancienne tutelle française). Le 1er octobre 1961 est la date de la réunification avec le Cameroun occidental (ancienne tutelle britannique), qui était déjà décolonisé mais choisit de s'unir au Cameroun plutôt que de rester avec le Nigeria.
✅ Astuce : Retenez "1960 = Indépendance / 1961 = Réunification" (ordre chronologique logique).
❌ Piège n°2 : Confondre République Fédérale et République Unie
Erreur fréquente : Inverser les dénominations officielles du pays. Certains élèves écrivent "République Unie" pour la période 1961-1972 alors que c'est "République Fédérale du Cameroun" qui est le nom officiel jusqu'en 1972.
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