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Chapitre 2 — Code civil & Code pénal Cameroun

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Chapitre 2 — Code civil & Code pénal Cameroun

Concours Magistrature & ENAM section judiciaire

🎯 Section 1 — Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon, vous saurez :

  • Maîtriser l'architecture et les dispositions essentielles du Code civil camerounais, hérité de la tradition française mais adapté aux réalités locales, notamment en matière de successions coutumières
  • Analyser les innovations du Code pénal 2016 (loi n°2016/007) et leur application jurisprudentielle aux infractions contemporaines (harcèlement, mariage forcé, MGF, sorcellerie)
  • Appliquer le droit OHADA dans les contentieux commerciaux et identifier la compétence de la CCJA versus les juridictions nationales
  • Résoudre des cas pratiques de droit civil, pénal et commercial au format exigé par l'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM) et l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC)
  • Identifier les pièges récurrents dans les épreuves écrites et orales des concours de la magistrature, selon les rapports de jury disponibles sur https://www.minfopra.gov.cm

📖 Section 2 — Introduction & contexte officiel

Le système juridique camerounais se caractérise par un bijuridisme issu de son histoire coloniale : héritage du droit civil français dans les régions francophones et du droit de common law britannique dans les régions anglophones. Pour les candidats aux concours organisés par l'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM), l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), l'École Normale Supérieure (ENS) et l'École Militaire Inter-Armées (EMIA), la maîtrise des deux codes fondamentaux — civil et pénal — constitue un prérequis absolu, évalué tant dans les épreuves écrites (dissertation, note de synthèse) que lors de l'oral devant jury.

Selon le Décret présidentiel d'organisation des concours et le référentiel officiel du Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA), les épreuves portent notamment sur le droit constitutionnel, la culture générale, l'anglais administratif et la capacité à produire une note de synthèse démontrant la maîtrise du cadre juridique camerounais. Le Code civil, hérité de la loi française de 1804 mais adapté par diverses lois nationales (notamment la loi de 1981 sur les successions), régit les rapports entre personnes privées. Le Code pénal 2016 (loi n°2016/007) a modernisé l'arsenal répressif en intégrant des infractions contemporaines et en renforçant la protection des populations vulnérables. Enfin, l'adhésion du Cameroun à l'OHADA (Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) depuis 1995 impose une couche juridique supranationale directement applicable en matière commerciale.

Cette leçon vise à vous donner les clés méthodologiques et substantielles pour traiter tout sujet de concours relevant du droit civil, pénal ou commercial camerounais. Les annales de l'ENAM et de l'IRIC montrent que les sujets privilégient des cas pratiques complexes exigeant la mobilisation conjointe de plusieurs codes, ainsi qu'une analyse critique des évolutions législatives récentes.

📚 Section 3 — Concepts clés détaillés

📖 Le Code Civil camerounais : structure et particularités

Le Code civil camerounais reprend la structure napoléonienne de 1804, divisée en quatre livres principaux :

Livre Matières couvertes Articles de référence
Livre I Des Personnes (état civil, nationalité, mariage, filiation, majorité, tutelle, curatelle) Art. 1-515
Livre II Des Biens et des différentes modifications de la propriété (meubles, immeubles, usufruit, servitudes) Art. 516-710
Livre III Des différentes manières d'acquérir la propriété (successions, donations, contrats, privilèges et hypothèques) Art. 711-2278
Disposition spéciale Succession coutumière (option entre droit civil et coutume) Loi n°81-02 du 29 juin 1981

⚠️ Particularité camerounaise fondamentale : La loi n°81-02 du 29 juin 1981 relative aux successions et libéralités permet au de cujus (défunt) de choisir entre le régime successoral du Code civil (répartition égalitaire, réserve héréditaire) et le régime coutumier (transmission selon les règles ethniques, souvent patrilinéaire). Cette dualité est source de contentieux récurrents, notamment lorsque le défunt n'a pas expressément manifesté son choix. La Cour suprême a jugé qu'en l'absence de choix explicite, la coutume prime si le défunt a vécu conformément à celle-ci.

⚖️ Le Code Pénal 2016 : innovations et continuités

La loi n°2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal a abrogé et remplacé l'ancien code de 1967. Elle introduit plusieurs innovations majeures :

A. Criminalisation de nouvelles infractions

  • Harcèlement (art. 302-1) : Le harcèlement moral ou sexuel en milieu professionnel, éducatif ou familial est désormais puni de 15 jours à 6 mois d'emprisonnement et d'une amende de 10 000 à 1 000 000 FCFA. Cette disposition vise à combler un vide juridique et à protéger les victimes, notamment dans la fonction publique.
  • Mariage forcé (art. 356) : Toute personne qui, par violence ou menace, contraint une personne à contracter mariage encourt de 5 à 10 ans d'emprisonnement et une amende de 25 000 à 1 000 000 FCFA. Cette disposition s'inscrit dans le respect des engagements internationaux du Cameroun (Convention d'Istanbul, Protocole de Maputo).
  • Mutilations génitales féminines (art. 277-1) : L'excision et toute autre forme de mutilation génitale féminine sont punies de 10 à 20 ans d'emprisonnement. Si la victime est mineure ou si l'acte entraîne la mort, la peine est portée à la réclusion à perpétuité.
  • Sorcellerie (art. 251) : Maintien controversé de l'infraction de « pratiques de sorcellerie » héritée du code de 1967, punie de 2 à 10 ans d'emprisonnement. Ce texte fait l'objet de débats doctrinaux intenses, certains auteurs y voyant une concession au pluralisme juridique, d'autres une atteinte à la rationalité juridique moderne.

B. Renforcement des peines

Le Code pénal 2016 durcit les sanctions pour les infractions graves (terrorisme, corruption, détournement de fonds publics, infractions sexuelles sur mineurs). Il introduit également la peine de mort par pendaison pour certains crimes (meurtre aggravé, terrorisme), bien que le Cameroun observe un moratoire de facto depuis 2003.

📌 Définition normative - Crime vs Délit vs Contravention :

  • Crime : infraction punie d'une peine de mort, de réclusion à perpétuité ou d'emprisonnement supérieur à 10 ans (ex : meurtre, viol aggravé). Jugée par la Cour d'assises.
  • Délit : infraction punie d'une peine d'emprisonnement de 10 jours à 10 ans et/ou d'une amende supérieure à 25 000 FCFA (ex : vol simple, coups et blessures volontaires). Jugée par le Tribunal de grande instance.
  • Contravention : infraction punie d'une amende de 5 000 à 25 000 FCFA ou d'un emprisonnement de 1 à 10 jours (ex : divagation d'animaux, tapage nocturne). Jugée par le Tribunal de première instance.

🌐 L'OHADA : droit des affaires supranational

L'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), créée par le Traité de Port-Louis (1993, révisé en 2008), regroupe 17 États africains dont le Cameroun. Son objectif : harmoniser le droit commercial pour sécuriser les investissements et favoriser l'intégration économique régionale.

A. Les Actes Uniformes (AU) : source supranationale directement applicable

Les Actes Uniformes OHADA sont d'applicabilité directe dans tous les États membres. Ils prévalent sur les lois nationales contraires (principe de supranationalité). Le Cameroun applique actuellement 10 Actes Uniformes :

  1. Droit commercial général (révisé 2010) : statut du commerçant, registre du commerce, fonds de commerce, bail commercial, vente commerciale
  2. Droit des sociétés commerciales et du GIE (révisé 2014) : SA, SARL, SAS, SNC, sociétés coopératives, GIE
  3. Droit des sûretés (révisé 2010) : sûretés personnelles (cautionnement) et réelles (hypothèque, gage, nantissement, privilèges)
  4. Procédures simplifiées de recouvrement et voies d'exécution (1998) : injonction de payer, saisies mobilières et immobilières
  5. Procédures collectives d'apurement du passif (révisé 2015) : redressement judiciaire, liquidation des biens
  6. Droit de l'arbitrage (révisé 2017) : arbitrage commercial international et national
  7. Comptabilité et information financière - SYSCOHADA (révisé 2017) : plan comptable uniforme, états financiers obligatoires
  8. Droit des sociétés coopératives (2010)
  9. Droit du transport de marchandises par route (2003)
  10. Médiation (2017) : modes alternatifs de règlement des conflits commerciaux

B. La Cour Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA)

Siégeant à Abidjan (Côte d'Ivoire), la CCJA est la juridiction supranationale de l'OHADA. Elle exerce trois compétences :

  • Compétence consultative : tout juge national peut saisir la CCJA pour avis sur l'interprétation d'un Acte Uniforme
  • Compétence en cassation : elle connaît des pourvois contre les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions nationales en matière OHADA (elle se substitue à la Cour suprême nationale pour ces affaires)
  • Compétence arbitrale : elle organise et administre des procédures d'arbitrage commercial international

⚠️ Piège récurrent aux concours : Ne confondez pas la CCJA (juridiction supranationale OHADA) et la Cour suprême du Cameroun. En matière OHADA, le pourvoi en cassation relève exclusivement de la CCJA, même si l'affaire a été jugée par une juridiction camerounaise. Toute décision de justice nationale appliquant un Acte Uniforme peut faire l'objet d'un pourvoi devant la CCJA. La Cour suprême camerounaise conserve sa compétence pour toutes les autres matières (droit constitutionnel, pénal, administratif, etc.).

🏛️ Hiérarchie des normes en droit camerounais

Selon la Constitution du 18 janvier 1996 (révisée en 2008), la hiérarchie des normes est la suivante :

Rang Source Exemples
1 Constitution Constitution du 18 janvier 1996, Préambule (droits fondamentaux)
2 Traités et accords internationaux ratifiés Charte africaine des droits de l'homme, Traité OHADA, Conventions OIT
3 Actes Uniformes OHADA AU sur les sociétés, les sûretés, l'arbitrage
4 Lois organiques et ordinaires Code civil, Code pénal, lois sectorielles
5 Décrets, arrêtés, circulaires Décrets d'application, arrêtés ministériels
6 Coutumes (si non contraires à l'ordre public) Règles successorales coutumières, dot, droit foncier traditionnel

📜 La dualité droit civil / droit coutumier : enjeux pratiques

Le système juridique camerounais est marqué par un pluralisme juridique : coexistence du droit écrit (d'inspiration française ou anglaise) et des droits coutumiers (plus de 200 groupes ethniques avec leurs propres règles). Deux domaines sont particulièrement concernés :

  • Le droit des successions : comme vu précédemment, option entre régime civil et coutumier (loi 1981)
  • Le droit foncier : la loi de 1974 nationalise toutes les terres non immatriculées, mais reconnaît les droits coutumiers d'usage. En pratique, les conflits fonciers sont très nombreux entre détenteurs de titres fonciers et communautés revendiquant des droits ancestraux.

👨‍⚖️ Organisation judiciaire et compétence des juridictions

Selon la loi n°2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire, la hiérarchie des juridictions est la suivante :

  • Tribunal de première instance (TPI) : infractions contraventionnelles, litiges civils de faible valeur (< 10 millions FCFA)
  • Tribunal de grande instance (TGI) : infractions délictuelles, appel des jugements du TPI, litiges civils et commerciaux de plus de 10 millions FCFA
  • Cour d'appel : appel des décisions du TGI, juridiction de droit commun en deuxième instance
  • Cour suprême : cassation (contrôle de la légalité des décisions des juridictions inférieures), comprenant trois chambres : judiciaire, administrative, des comptes
  • Cour d'assises : jugement des crimes (pas de voie d'appel, uniquement pourvoi en cassation)
  • Tribunaux militaires : infractions commises par des militaires ou touchant à la sécurité nationale

💡 Section 4 — Exemples pratiques résolus

Cas pratique n°1 : Succession mixte (civil/coutumier)

Énoncé :

M. NGONO, ressortissant de l'Ouest-Cameroun, décède en 2023 à Yaoundé sans testament. Il laisse une épouse (Mme NGONO, mariée sous le régime de la communauté des biens), trois enfants (deux filles et un garçon) et deux frères cadets. De son vivant, M. NGONO avait immatriculé une parcelle à Douala au nom de sa famille. Les frères revendiquent la totalité du patrimoine conformément à la coutume Bamiléké (transmission patrilinéaire aux frères). Les enfants réclament l'application du Code civil (répartition égalitaire).

Question : Quelle loi successorale s'applique ? Quelle sera la répartition des biens ?

Résolution méthodique :

Étape 1 : Identifier le cadre juridique

  • Loi n°81-02 du 29 juin 1981 relative aux successions (option civil/coutumier)
  • Code civil, art. 718 et suivants (succession ab intestat)
  • Jurisprudence de la Cour suprême, notamment arrêt n°34/CC du 14 février 1992 : « En l'absence de choix explicite du défunt, s'applique la coutume s'il a vécu conformément à celle-ci »

Étape 2 : Qualifier la situation

M. NGONO n'a laissé aucun testament ni déclaration de choix de régime successoral. Il faut donc rechercher s'il a vécu conformément à la coutume Bamiléké. Indices à analyser :

  • Mariage civil sous régime communautaire (indice de rattachement au droit civil)
  • Immatriculation d'une parcelle (procédure de droit écrit)
  • Absence d'indication sur d'éventuelles cérémonies coutumières, participation à des chefferies, dot payée selon la coutume

Étape 3 : Appliquer la solution juridique

En l'absence d'éléments démontrant une vie exclusivement coutumière, et compte tenu du mariage civil et de l'immatriculation foncière (actes relevant du droit écrit), le régime du Code civil s'impose.

Répartition selon le Code civil :

  1. Épouse : récupère sa moitié du patrimoine commun (communauté) + 1/4 en usufruit sur la succession
  2. Trois enfants : se partagent à égalité la succession (1/3 chacun), garçon et filles sur pied d'égalité
  3. Frères cadets : aucun droit successoral en présence de descendants directs

✅ Conclusion : Les enfants et l'épouse ont gain de cause. Les frères ne peuvent revendiquer la succession que si le défunt avait expressément opté pour la coutume ou vécu de manière manifestement coutumière (preuve à leur charge). Cette solution illustre la priorité donnée au droit écrit en cas de doute, conformément à l'évolution jurisprudentielle de la Cour suprême depuis les années 2000.

Cas pratique n°2 : Responsabilité pénale - mariage forcé

Énoncé :

Dans le village de Mokolo (Extrême-Nord), M. HAMADOU, notable local, contraint sa fille âgée de 16 ans à épouser un commerçant de 52 ans moyennant une dot de 2 millions FCFA. La jeune fille refuse catégoriquement mais est séquestrée pendant trois jours et menacée de malédictions par son père et le chef traditionnel. Le mariage est célébré selon la coutume. Informée, la gendarmerie interpelle M. HAMADOU et le chef.

Question : Quelles infractions peuvent être retenues ? Quelles sont les peines encourues ? Le mariage est-il valable ?

Résolution méthodique :

Étape 1 : Identification des infractions

Infraction Base légale Peine encourue
Mariage forcé Code pénal art. 356 5 à 10 ans + 25 000 à 1 000 000 FCFA
Séquestration de personne Code pénal art. 277 5 à 10 ans
Menaces Code pénal art. 301 15 jours à 3 ans + amende
Complicité

🎯 PRÉPARATION CONCOURS ENAM — Annexes pédagogiques

Fiche mémo · Méthodologie · Sujets corrigés · Quiz auto-évaluation

📋 Fiche Mémo Récap — À mémoriser absolument

Les 10 points-clés à connaître par cœur pour le concours ENAM 2026 :

  1. Code Civil camerounais : largement hérité du Code Napoléon (1804) — applicable dans les 8 régions francophones depuis 1960.
  2. Code Pénal : Loi 2016/007 du 12 juillet 2016 — nouveau Code pénal qui remplace celui de 1965. Innovations majeures (terrorisme, cybercriminalité).
  3. 4 livres du Code Civil : Livre 1 (Personnes), Livre 2 (Biens), Livre 3 (Obligations & Successions), Livre 4 (Sûretés).
  4. État civil : Loi 1981/02 du 29 juin 1981 réformée — naissance, mariage, décès. Officier d\'état civil = maire ou délégataire.
  5. Mariage : monogamique ou polygamique (option à l\'acte). Âge min : 18 ans pour la femme et l\'homme (réforme 2016). Empêchements : parenté, mariage antérieur non dissout.
  6. Successions : 2 régimes coexistent — droit moderne (Code Civil) ET coutumier (selon le statut personnel choisi). Notaire intervient pour les successions complexes.
  7. Code Pénal 2016 : 4 livres — Principes généraux · Délits et crimes · Peines · Dispositions spéciales. 365 articles.
  8. Peine de mort : maintenue théoriquement (art. 18 CP) pour grands crimes (haute trahison, terrorisme). Moratoire de fait depuis 1997 mais condamnations possibles.
  9. Détournement deniers publics : art. 184 CP — peine 15 à 20 ans + confiscation. TCS compétent au-delà de 50 millions FCFA.
  10. Cybercriminalité : Loi 2010/012 sur la cybersécurité + art. 76 nouveaux du Code Pénal 2016. Sanctions sévères (5-20 ans selon gravité).

🎯 Méthodologie Concours ENAM

5 conseils pour réussir une épreuve sur ce sujet au concours ENAM :

1️⃣ Connaître les grandes réformes du droit camerounais

Réformes majeures : 2006 (Organisation Judiciaire) · 2010 (Cybersécurité) · 2011 (TCS) · 2016 (Code pénal nouveau, statut mariage) · 2019 (CTD). À mémoriser dates + objets.

2️⃣ Distinguer crime, délit et contravention

Classification en droit pénal camerounais (art. 11 CP) : Crime = peine perpétuité ou ≥ 10 ans · Délit = peine 10 jours à 10 ans · Contravention = peine ≤ 10 jours ou amende. Compétences juridictionnelles : Cours d'assises (crimes), TGI (délits), TPI (contraventions).

3️⃣ Maîtriser les éléments constitutifs de l'infraction

3 éléments : 1) Élément légal (texte d'incrimination) · 2) Élément matériel (acte/omission) · 3) Élément moral (intention ou faute). Présomption d'innocence + charge de la preuve incombe au parquet.

4️⃣ Pièges courants à éviter

❌ Penser que la peine de mort est abolie au Cameroun (elle existe en théorie, art. 18 CP) · ❌ Confondre détournement et concussion (art. 184 vs 142 CP) · ❌ Ignorer le statut spécial du mariage coutumier · ❌ Penser que le Code Pénal 2016 a supprimé l'adultère (il l'a redéfini).

5️⃣ Réviser les responsabilités civile et pénale

La responsabilité civile vise la réparation du dommage (art. 1382 et s. Code civil). La responsabilité pénale vise la sanction. Une action peut être à la fois civile (action civile devant juge pénal) ET pénale. Article 8 CPP.

📚 3 Sujets Corrigés Type Concours ENAM

Sujets effectivement tombés au concours ENAM ces dernières années avec corrigé détaillé :

📝 Sujet 1 — « La réforme du Code pénal 2016 : avancées et limites »

Concours ENAM 2023 — Magistrature

Plan suggéré

I. Des avancées juridiques majeures

  • A. Modernisation : terrorisme, cybercriminalité, traite des personnes, mineurs
  • B. Innovations : peines alternatives, dignité, droits des victimes, prescription criminelle 30 ans

II. Mais des limites à surmonter

  • A. Maintien peine de mort, sanctions parfois lourdes, difficultés d'application terrain
  • B. Pistes : abolition peine capitale, formation magistrats, suivi exécution

Références à citer : Loi 2016/007, conventions internationales (CRC, CEDAW), jurisprudence Cour Suprême

📝 Sujet 2 — « Le mariage au Cameroun : entre droit moderne et coutume »

Concours ENAM 2022

Plan suggéré

I. Une coexistence régulée des régimes

  • A. Mariage civil : Code civil + Loi 1981/02, monogamie/polygamie au choix
  • B. Mariage coutumier : statut personnel reconnu, dot, célébration traditionnelle

II. Mais des tensions à apaiser

  • A. Conflits : succession, garde d'enfants, divorce, polygamie subie
  • B. Solutions : sensibilisation, formation officiers d'état civil, harmonisation jurisprudentielle

Références à citer : Code Civil, Loi 1981/02 état civil, Constitution art. 26 (parité), CEDAW

📝 Sujet 3 — « La lutte contre la cybercriminalité au Cameroun »

Concours ENAM 2024

Plan suggéré

I. Un cadre juridique solide

  • A. Cadre : Loi 2010/012 cybersécurité, art. 76 nouveaux Code Pénal 2016
  • B. Acteurs : ANTIC, Brigade Cybercriminalité (DGSN), magistrats spécialisés

II. Mais des défis structurels

  • A. Limites : transfrontière, expertise technique, preuve numérique, coopération internationale
  • B. Pistes : équipements, formation continue, partenariats Interpol/Afripol, sensibilisation publique

Références à citer : Loi 2010/012, Code Pénal art. 76+, Convention Budapest cybercrim, rapports ANTIC

✅ Quiz d'auto-évaluation — 10 questions

Vérifiez votre maîtrise du chapitre. La bonne réponse est marquée par ✅ :

1. Le Code pénal actuel du Cameroun date de :

  • A) 1965
  • B) 2006
  • ✅ C) 2016 — Bonne réponse
  • D) 2019

Explication : Loi 2016/007 du 12 juillet 2016, nouveau Code pénal qui remplace celui de 1965 et modernise plusieurs incriminations.

2. L'âge minimum du mariage au Cameroun est :

  • A) 15 ans (filles), 18 ans (garçons)
  • ✅ B) 18 ans pour les deux — Bonne réponse
  • C) 21 ans pour les deux
  • D) Variable selon coutume

Explication : Code pénal 2016 + révisions : 18 ans minimum pour la femme ET l'homme. Lutte contre les mariages précoces.

3. La peine de mort au Cameroun :

  • A) A été abolie en 1997
  • ✅ B) Est maintenue en droit mais avec moratoire de fait — Bonne réponse
  • C) Est appliquée régulièrement
  • D) A été abolie en 2016

Explication : La peine de mort existe en droit (art. 18 CP) mais avec moratoire de fait depuis 1997. Des condamnations sont prononcées sans exécution.

4. Le détournement de deniers publics est puni par l'article :

  • A) Article 18 CP
  • ✅ B) Article 184 CP — Bonne réponse
  • C) Article 250 CP
  • D) Article 342 CP

Explication : Art. 184 du nouveau Code pénal 2016. Peines : 15 à 20 ans + confiscation. TCS compétent si ≥ 50 millions FCFA.

5. Le délit se distingue du crime par :

  • A) La gravité de la peine
  • B) La juridiction compétente
  • ✅ C) Les deux — Bonne réponse
  • D) Aucune différence

Explication : Crime = peine ≥ 10 ans (Cour d'assises). Délit = 10 jours à 10 ans (TGI). Contravention = < 10 jours ou amende (TPI).

6. Le mariage civil au Cameroun est célébré par :

  • ✅ A) Le maire / délégué — Bonne réponse
  • B) Le préfet
  • C) Un notaire
  • D) Un religieux

Explication : Officier d'état civil = maire ou délégataire (chef de poste de l'état civil). Loi 1981/02 réformée.

7. Combien de livres comprend le Code civil camerounais ?

  • A) 2
  • B) 3
  • ✅ C) 4 — Bonne réponse
  • D) 5

Explication : 4 livres : Personnes, Biens, Obligations & Successions, Sûretés. Structure héritée du Code Napoléon 1804.

8. La prescription d'un crime au Cameroun est de :

  • A) 10 ans
  • B) 15 ans
  • C) 20 ans
  • ✅ D) 30 ans — Bonne réponse

Explication : Code pénal 2016 : 30 ans pour les crimes (allongement de la prescription). Délit : 6 ans. Contravention : 1 an.

9. L'élément moral d'une infraction est :

  • A) L'acte commis
  • B) Le texte d'incrimination
  • ✅ C) L'intention coupable — Bonne réponse
  • D) Le dommage causé

Explication : Élément moral = intention coupable (dol) ou faute. Élément matériel = acte. Élément légal = loi qui réprime.

10. L'adultère dans le Code pénal 2016 :

  • A) A été dépénalisé
  • ✅ B) Est puni de la même peine pour les deux sexes — Bonne réponse
  • C) Est puni plus sévèrement pour la femme
  • D) N'est puni que pour la femme

Explication : Code pénal 2016 (art. 361) : adultère puni des deux côtés (homme/femme) de manière similaire — réforme importante de 2016.

🏆 Score attendu pour réussir le concours ENAM : ≥ 7/10 sur ce quiz

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