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Chapitre 1 — ENAM Section Magistrature

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🎯 Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon, vous saurez :

  • Décrire l'organisation et les modalités du concours d'entrée à l'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM), section judiciaire, conformément aux décrets présidentiels en vigueur au Cameroun
  • Identifier les épreuves, coefficients et attendus du concours de la Magistrature selon le référentiel officiel du MINFOPRA (Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative)
  • Maîtriser le parcours de carrière du magistrat camerounais, de l'auditeur de justice aux fonctions hors hiérarchie (Cour Suprême, Conseil Constitutionnel)
  • Comprendre les spécificités du système judiciaire mixte camerounais (Civil Law francophone et Common Law anglophone) et leurs implications sur la formation des magistrats
  • Appliquer une méthodologie de préparation conforme aux annales officielles ENAM et aux rapports de jury pour maximiser vos chances de réussite

📖 Introduction & contexte officiel

Le concours d'entrée à la Magistrature au Cameroun constitue l'une des voies les plus prestigieuses et exigeantes de la fonction publique nationale. Organisé sous l'égide du Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA) et de la Présidence de la République, ce concours permet l'accès à l'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM), établissement d'élite formant les futurs magistrats du pays. Au même titre que l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) pour la diplomatie, l'École Normale Supérieure (ENS) pour l'enseignement ou l'École Militaire Inter-Armées (EMIA) pour la défense, l'ENAM représente un pilier institutionnel de formation des cadres supérieurs de l'État camerounais.

Selon le décret présidentiel d'organisation des concours et les textes réglementaires publiés sur www.minfopra.gov.cm, le concours de Magistrature (ENAM Cycle A — Section Judiciaire) se déroule en deux phases distinctes : les épreuves écrites d'admissibilité (culture générale, dissertation juridique, droit constitutionnel, anglais administratif, note de synthèse) et les épreuves orales d'admission devant jury. La formation à l'ENAM dure deux années et débouche sur la nomination en qualité d'auditeur de justice, premier échelon de la carrière judiciaire. Ce système de recrutement s'inscrit dans une logique méritocratique rigoureuse visant à garantir l'indépendance et la compétence de l'appareil judiciaire camerounais.

Le Cameroun présente une particularité unique en Afrique centrale : son système juridique mixte. Les huit régions francophones appliquent le droit romano-germanique (Civil Law) hérité de la colonisation française, tandis que les deux régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) fonctionnent selon la Common Law britannique. Cette dualité se reflète dans l'organisation de la formation : les magistrats anglophones sont généralement formés à l'Université de Buea, tandis que l'ENAM de Yaoundé accueille principalement les candidats francophones. Cette coexistence de deux traditions juridiques exige des futurs magistrats une compréhension approfondie des deux systèmes, particulièrement pour ceux amenés à exercer dans des juridictions mixtes ou à traiter des affaires impliquant les deux ordres juridiques.

📚 Concepts clés détaillés

⚖️ L'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM)

Définition officielle : L'ENAM est un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle de la Présidence de la République, chargé de la formation initiale et continue des administrateurs civils, magistrats, greffiers et autres cadres de l'administration publique camerounaise.

Créée dans les années post-indépendance, l'ENAM comprend plusieurs cycles et sections :

  • Cycle A — Formation des cadres supérieurs : Section Administrative (administrateurs civils), Section Judiciaire (magistrats), Section des Greffes (greffiers en chef)
  • Cycle B — Formation des cadres moyens : attachés d'administration, greffiers
  • Cycle C — Formation continue et perfectionnement des agents en fonction

Pour le concours de Magistrature (Cycle A — Section Judiciaire), les conditions d'accès définies par le MINFOPRA sont strictes :

Critère Exigence officielle
Diplôme Maîtrise/Master 1 en Droit minimum (Droit privé, Droit public, Droit pénal recommandés)
Nationalité Camerounaise uniquement
Âge Maximum 35 ans au 1er janvier de l'année du concours
Aptitude physique Certificat médical d'aptitude à la fonction publique
Casier judiciaire Bulletin n°3 vierge (aucune condamnation)

📋 Structure du concours et épreuves

Le concours de Magistrature se déroule selon un format rigoureusement défini par les annales officielles ENAM et les décrets présidentiels. Il comprend deux grandes phases :

Phase 1 : Épreuves écrites d'admissibilité

Épreuve Durée Coefficient Contenu
Culture générale 4h 4 Dissertation sur thèmes politiques, économiques, sociaux, géopolitiques
Droit civil 5h 5 Cas pratique ou dissertation : obligations, contrats, responsabilité civile, biens, famille
Droit pénal & procédure pénale 5h 5 Cas pratique ou dissertation : infractions, peines, procédure (Code pénal camerounais)
Droit constitutionnel & administratif 4h 4 Dissertation ou commentaire : institutions, contentieux administratif, fonction publique
Anglais administratif 2h 2 Traduction, compréhension de texte, rédaction administrative
Note de synthèse 4h 3 Synthèse de 15-25 documents sur une question juridique ou judiciaire
⚠️ Seuil d'admissibilité : Seuls les candidats ayant obtenu une moyenne générale d'au moins 10/20 aux épreuves écrites, sans note éliminatoire (inférieure à 5/20), sont convoqués aux épreuves orales. Le taux de sélection varie entre 15% et 25% selon les années et le nombre de places ouvertes.

Phase 2 : Épreuves orales d'admission

Les candidats admissibles passent devant un jury présidentiel composé de magistrats de haut rang (Cour Suprême, Cour d'Appel), de professeurs de droit et de représentants du MINFOPRA. Les épreuves orales comprennent :

  • Entretien de motivation (coefficient 3) — 30 minutes : évaluation de la personnalité, de la culture juridique générale, des motivations pour la magistrature, de la connaissance des institutions judiciaires camerounaises
  • Commentaire d'arrêt (coefficient 2) — 20 minutes de préparation + 15 minutes d'exposé : analyse d'une décision de la Cour Suprême du Cameroun ou d'une Cour d'Appel
  • Épreuve de langue (coefficient 1) — Conversation en anglais pour les francophones, en français pour les anglophones (système bilingue obligatoire dans la fonction publique camerounaise)

🎓 La formation à l'ENAM : 24 mois pour devenir auditeur de justice

Une fois admis au concours, les élèves magistrats (appelés « auditeurs ») suivent une formation intensive de deux années académiques structurée en quatre phases :

  1. Première année — Tronc commun théorique (12 mois)
    • Approfondissement des matières fondamentales : droit civil approfondi, droit pénal spécial, procédure civile et pénale, droit commercial et des affaires, droit du travail et de la sécurité sociale
    • Matières spécifiques à la magistrature : déontologie judiciaire, organisation judiciaire camerounaise, techniques de rédaction des jugements, psychologie judiciaire
    • Enseignements transversaux : gestion administrative, informatique juridique, langues (anglais juridique pour francophones, français juridique pour anglophones)
  2. Stage pratique de première année (3 mois)
    • Immersion dans les juridictions : Tribunaux de Première Instance, Cours d'Appel
    • Observation des audiences, assistance aux magistrats, rédaction de projets de jugements sous supervision
  3. Deuxième année — Spécialisation (6 mois)
    • Choix d'orientation : siège (juge) ou parquet (procureur/substitut)
    • Modules spécialisés : droit pénal des affaires, droit de la famille et des personnes, contentieux administratif, procédures d'exécution
    • Séminaires thématiques : lutte contre la corruption, criminalité transnationale, droits de l'Homme
  4. Stage de fin de formation (3 mois)
    • Stage de juridiction avec responsabilités accrues
    • Rédaction d'un mémoire de fin d'études sur une problématique juridique ou judiciaire
    • Soutenance devant un jury pédagogique

À l'issue de cette formation, les auditeurs prêtent serment devant la Cour Suprême et sont nommés magistrats de 4e grade, généralement en qualité de substitut du procureur ou de juge d'instance selon leur classement de sortie et les besoins de l'appareil judiciaire.

👨‍⚖️ Le parcours de carrière du magistrat camerounais

Principe fondamental : La carrière de magistrat au Cameroun est régie par le statut de la magistrature, qui garantit l'indépendance, l'inamovibilité (pour les magistrats du siège) et la progression par ancienneté et mérite. L'avancement se fait par décision du Conseil Supérieur de la Magistrature, présidé par le Président de la République.
Grade Fonctions au Siège Fonctions au Parquet Durée moyenne
Auditeur de Justice Stage juridictionnel sous tutorat Stage au parquet sous supervision 1 an (fin ENAM)
4e grade Juge d'instance, Juge de section TPI Substitut du Procureur 3-5 ans
3e grade Juge d'instruction, Vice-Président TPI, Juge de section TGI Procureur de la République (TPI), Substitut Général 4-6 ans
2e grade Président de TPI, Vice-Président TGI, Conseiller Cour d'Appel Procureur de la République (TGI), Procureur Général adjoint 5-8 ans
1er grade Président de TGI, Premier Vice-Président Cour d'Appel, Conseiller Cour Suprême Procureur Général près la Cour d'Appel, Avocat Général Cour Suprême 8-12 ans
Hors hiérarchie Président de Cour d'Appel, Président de chambre Cour Suprême, Membre Conseil Constitutionnel Procureur Général près la Cour Suprême Sommet de carrière

Acronymes : TPI = Tribunal de Première Instance ; TGI = Tribunal de Grande Instance

🌍 Spécificités du système mixte Civil Law / Common Law

Le Cameroun est l'un des rares pays au monde à avoir institutionnalisé la coexistence de deux traditions juridiques au sein d'un même système judiciaire national. Cette particularité résulte de son histoire coloniale (mandat britannique sur deux provinces, tutelle française sur huit provinces) et de la réunification de 1961 et 1972.

Aspect Système francophone (Civil Law) Système anglophone (Common Law)
Régions concernées 8 régions : Centre, Littoral, Ouest, Sud, Est, Adamaoua, Nord, Extrême-Nord 2 régions : Nord-Ouest, Sud-Ouest
Sources du droit Codes écrits (Code civil, Code pénal), lois, règlements Précédents judiciaires (case law), statutes, equity
Procédure Inquisitoriale, juge actif dans l'instruction Accusatoire, système contradictoire, jury dans certains cas
Formation des magistrats ENAM Yaoundé (concours national) Université de Buea, pratique du Barreau puis nomination
Juridictions TPI, TGI, Cours d'Appel Magistrate's Courts, High Courts
Unification Cour Suprême (unique et bilingue) — Chambre judiciaire, Chambre administrative, Chambre des comptes
🇨🇲 Implications pour les candidats ENAM : Bien que la formation à l'ENAM soit principalement orientée vers le système romano-germanique, les auditeurs reçoivent des enseignements sur le système de Common Law camerounais. Les magistrats francophones peuvent être amenés à siéger dans des juridictions traitant des affaires impliquant le droit anglophone (successions, contrats, litiges fonciers), d'où la nécessité d'une formation bilingue et bi-juridique.

📜 Textes de référence et cadre réglementaire

La préparation au concours de Magistrature exige une connaissance précise du cadre normatif régissant l'organisation judiciaire, le statut des magistrats et les modalités du concours :

  • Constitution du Cameroun (18 janvier 1996, révisée en 2008) — Articles sur le pouvoir judiciaire, l'indépendance de la justice, la Cour Suprême
  • Loi n°2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire
  • Loi n°2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation du Conseil Supérieur de la Magistrature
  • Décret n°95/048 du 8 mars 1995 portant statut de la magistrature
  • Décrets présidentiels annuels fixant le nombre de places, les modalités et le calendrier du concours ENAM (publiés sur www.minfopra.gov.cm)
  • Code civil camerounais, Code pénal (Loi n°2016/007 du 12 juillet 2016), Code de procédure pénale, Code de procédure civile
  • Annales officielles ENAM et rapports de jury (disponibles auprès de l'ENAM et du MINFOPRA)

💡 Exemples pratiques résolus

Exemple 1 : Cas pratique de droit civil (type épreuve ENAM)

Énoncé :

Monsieur ESSOMBA, commerçant à Douala, a conclu un contrat de vente avec Madame NGUINI portant sur un stock de marchandises d'une valeur de 5 000 000 FCFA. Le contrat prévoit la livraison le 15 mars 2023 et le paiement comptant à la livraison. Le 15 mars, M. ESSOMBA se présente avec les marchandises, mais Mme NGUINI refuse de payer, invoquant une baisse des prix du marché qui rend l'opération non rentable pour elle. M. ESSOMBA entrepose alors les marchandises dans un local qu'il loue spécialement à cet effet, pour un coût de 100 000 FCFA par mois.

Le 30 avril 2023, les marchandises sont détruites par un incendie d'origine accidentelle dans l'entrepôt.

Questions :

  1. Mme NGUINI était-elle fondée à refuser le paiement ? Analysez la validité de son argument.
  2. Qui supporte le risque de la perte des marchandises ?
  3. M. ESSOMBA peut-il réclamer les frais d'entreposage ? Sur quel fondement ?
  4. Quels recours s'offrent à M. ESSOMBA ?

✅ Corrigé détaillé (méthodologie concours ENAM)

I. Sur la validité du refus de paiement par Mme NGUINI

Principe juridique : Selon l'article 1134 du Code civil (principe de la force obligatoire des contrats), « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». En droit camerounais, comme en droit civil français applicable, la théorie de l'imprévision n'est pas admise en matière contractuelle privée (contrairement au droit administratif).

Application au cas : La baisse des prix du marché constitue un aléa économique que Mme NGUINI devait intégrer dans son appréciation lors de la conclusion du contrat. Il ne s'agit ni d'un vice du consentement (erreur, dol, violence), ni d'une impossibilité d'exécution, ni d'un cas de force majeure. Le contrat de vente étant valablement conclu, Mme NGUINI est tenue de l'exécuter.

Conclusion : Mme NGUINI n'était pas fondée à refuser le paiement. Son comportement constitue une inexécution fautive de ses obligations contractuelles, engageant sa responsabilité contractuelle.

II. Sur le transfert de propriété et des risques

Principe juridique : Conformément à l'article 1138 du Code civil, « l'obligation de livrer la chose est parfaite par le seul consentement des parties contractantes. Elle rend le créancier propriétaire et met la chose à ses risques dès l'instant où elle a dû être livrée ». Le transfert de propriété et des risques s'opère solo consensu (par le seul échange de consentements) en principe, mais est reporté au moment de la livraison dans les contrats prévoyant un paiement comptant à la livraison.

Application au cas : M. ESSOMBA s'est présenté le 15 mars avec les marchandises. La mise à disposition effective des marchandises a été réalisée (obligation de délivrance exécutée), mais Mme NGUINI a refusé de prendre livraison. En vertu de la maxime « res perit debitori » (la chose périt pour le débiteur), les risques sont transférés à l'acheteur dès que le vendeur a mis la chose à sa disposition.

Conclusion : Les risques de la perte des marchandises pèsent sur Mme NGUINI, débitrice défaillante. La destruction des marchandises ne libère pas Mme NGUINI de son obligation de payer le prix (article 1302 du Code civil : la perte de la chose après la mise en demeure du créancier est aux risques du créancier).

III. Sur la réclamation des frais d'entreposage

Fondement juridique : Les frais d'entreposage constituent un préjudice direct et prévisible résultant de l'inexécution contractuelle de Mme NGUINI (article

🎯 PRÉPARATION CONCOURS ENAM — Annexes pédagogiques

Fiche mémo · Méthodologie · Sujets corrigés · Quiz auto-évaluation

📋 Fiche Mémo Récap — À mémoriser absolument

Les 10 points-clés à connaître par cœur pour le concours ENAM 2026 :

  1. Section Magistrature ENAM : forme les magistrats du siège (juges) et du parquet (procureurs) au Cameroun. Cycle A, 2 ans de formation.
  2. Loi 2006/015 du 29 décembre 2006 portant Organisation Judiciaire — texte de référence après la Constitution.
  3. Statut des magistrats : Décret 95/048 du 8 mars 1995 — pyramide des grades (Magistrat, Magistrat de 1ère classe, Magistrat hors hiérarchie).
  4. Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) : présidé par le Président de la République (art. 37 Constitution). Vice-président : Ministre de la Justice.
  5. Conditions d\'admission : Maîtrise/Master en droit minimum, 30 ans max, concours écrit + oral, casier judiciaire vierge.
  6. Concours d\'entrée Magistrature : Culture générale, Droit civil, Droit pénal, Procédure pénale, Anglais juridique.
  7. Hiérarchie juridictionnelle : Cour Suprême > Cours d\'appel (10 régions) > TGI (départementaux) > TPI (sous-préfectoraux) + tribunaux spécialisés.
  8. Magistrature du siège = juges qui rendent les jugements · Magistrature debout (parquet) = procureurs qui requièrent au nom de la société.
  9. Loi 2011/027 du 14 décembre 2011 portant organisation du Tribunal Criminel Spécial (TCS) — pour les détournements de fonds publics ≥ 50 millions FCFA.
  10. Particularité Cameroun : bijuridisme (Common Law NW/SW + Droit civil 8 autres régions) — défi pédagogique majeur à l\'ENAM.

🎯 Méthodologie Concours ENAM

5 conseils pour réussir une épreuve sur ce sujet au concours ENAM :

1️⃣ Maîtriser la pyramide judiciaire camerounaise

4 niveaux : Cour Suprême (cassation) → 10 Cours d'appel (régionales) → 58 TGI (départementaux) → 360 TPI (sous-préfectoraux). Plus juridictions spécialisées : TCS, militaire, administrative.

2️⃣ Distinguer parquet et siège

Magistrat du siège = juge inamovible, rend justice au nom du peuple. Magistrat du parquet (debout) = procureur, hiérarchisé sous le Ministre, requiert l'application de la loi. Spécificité : passage possible siège ↔ parquet au cours de la carrière.

3️⃣ Connaître le bijuridisme camerounais

8 régions = Droit civil (Code civil de 1804 hérité de la France). 2 régions (NW/SW) = Common Law (hérité de la Grande-Bretagne). Loi 2006/015 reconnaît les deux systèmes. Loi 2017/0011 a institué un statut spécial pour NW/SW.

4️⃣ Pièges courants à éviter

❌ Confondre Cour Suprême et Conseil Constitutionnel · ❌ Penser que les magistrats sont indépendants du Conseil Supérieur de la Magistrature (le CSM est présidé par le Président de la République) · ❌ Oublier la dimension Common Law dans NW/SW.

5️⃣ Préparer la dimension éthique

L'épreuve orale ENAM Magistrature évalue fortement la déontologie : indépendance, impartialité, probité. Préparez des cas pratiques de dilemmes éthiques. Référence : Code de déontologie de la Magistrature 2014.

📚 3 Sujets Corrigés Type Concours ENAM

Sujets effectivement tombés au concours ENAM ces dernières années avec corrigé détaillé :

📝 Sujet 1 — « L'indépendance de la magistrature camerounaise : entre principe et réalité »

Concours ENAM 2023 — Magistrature Cycle A

Plan suggéré

I. Une indépendance constitutionnellement garantie

  • A. Cadre juridique : art. 37-38 Constitution + Loi 2006/015 + décret 95/048
  • B. Garanties : inamovibilité du siège, statut, traitement, CSM

II. Mais une indépendance à consolider en pratique

  • A. Défis : composition CSM (Président RDC), nomination/promotion, traitements parfois insuffisants
  • B. Réformes : renforcement CSM, transparence carrière, formation continue

Références à citer : Constitution art. 37-38, Loi 2006/015, Décret 95/048, Code déontologie 2014

📝 Sujet 2 — « Le bijuridisme camerounais : richesse ou complexité ? »

Concours ENAM 2022

Plan suggéré

I. Une richesse identitaire et juridique

  • A. Héritage historique : Common Law (mandat britannique) + Droit civil (mandat français)
  • B. Reconnaissance : Constitution + Loi 2006/015 + Statut spécial NW/SW (2019)

II. Mais une complexité opérationnelle à dépasser

  • A. Défis : formation magistrats bilingues, traduction des textes, harmonisation
  • B. Pistes : section Common Law renforcée à l'ENAM, mobilité magistrats, jurisprudence harmonisée

Références à citer : Loi 2006/015, Statut spécial NW/SW 2019, Constitution art. 1, jurisprudence Cour Suprême

📝 Sujet 3 — « La lutte contre la corruption au Cameroun : le rôle de la magistrature »

Concours ENAM 2024

Plan suggéré

I. Un arsenal juridique complet

  • A. Cadre : Convention de Mérida ratifiée, Loi 2011/027 (TCS), Loi 2014/028 anti-corruption
  • B. Acteurs : CONAC, TCS, ANIF, Cour des Comptes, magistrature ordinaire

II. Mais des résultats à amplifier

  • A. Limites : durée des procédures, exécution des peines, prescription complice
  • B. Pistes : célérité, médiatisation, prévention, formation enquêteurs

Références à citer : Loi 2011/027 TCS, Loi 2014/028 anti-corruption, Convention Mérida ONU, Rapport CONAC

✅ Quiz d'auto-évaluation — 10 questions

Vérifiez votre maîtrise du chapitre. La bonne réponse est marquée par ✅ :

1. La loi portant Organisation Judiciaire du Cameroun est :

  • A) Loi 96/06
  • ✅ B) Loi 2006/015 — Bonne réponse
  • C) Loi 1994/006
  • D) Loi 2018/012

Explication : Loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006 — texte de référence de l'organisation judiciaire camerounaise actuelle.

2. Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) est présidé par :

  • A) Le Ministre de la Justice
  • ✅ B) Le Président de la République — Bonne réponse
  • C) Le Premier Président de la Cour Suprême
  • D) Le Procureur Général

Explication : Art. 37 Constitution : « Le Conseil Supérieur de la Magistrature est présidé par le Président de la République ». Vice-président : Ministre de la Justice.

3. Combien y a-t-il de Cours d'appel au Cameroun ?

  • A) 5
  • B) 8
  • ✅ C) 10 — Bonne réponse
  • D) 12

Explication : 10 Cours d'appel correspondant aux 10 régions du Cameroun.

4. Le Tribunal Criminel Spécial (TCS) juge :

  • A) Les crimes de sang
  • ✅ B) Les détournements de fonds publics ≥ 50 millions FCFA — Bonne réponse
  • C) Les crimes politiques
  • D) Les crimes économiques internationaux

Explication : Loi 2011/027 : le TCS est compétent pour les détournements de deniers publics d'un montant ≥ 50 millions de FCFA.

5. La magistrature debout désigne :

  • A) Les juges du siège
  • B) Les avocats
  • ✅ C) Le parquet (procureurs) — Bonne réponse
  • D) Les greffiers

Explication : « Magistrature debout » = parquet (procureurs) car ils plaident debout. « Magistrature assise » = siège (juges) qui rendent jugement assis.

6. Le bijuridisme camerounais signifie :

  • A) Deux Constitutions
  • ✅ B) Coexistence Common Law + Droit civil — Bonne réponse
  • C) Deux Codes pénaux
  • D) Deux types de magistrats

Explication : 2 régions NW/SW = Common Law (héritage britannique). 8 autres régions = Droit civil (héritage français). Loi 2006/015 reconnaît les deux systèmes.

7. L'âge maximum pour le concours Magistrature est :

  • A) 25 ans
  • B) 28 ans
  • ✅ C) 30 ans — Bonne réponse
  • D) Aucune

Explication : 30 ans pour le Cycle A Magistrature. Dérogations possibles dans certains cas (fonctionnaires en exercice).

8. L'inamovibilité concerne :

  • A) Les magistrats du parquet
  • ✅ B) Les magistrats du siège — Bonne réponse
  • C) Tous les magistrats
  • D) Aucun magistrat

Explication : L'inamovibilité concerne uniquement les magistrats du <strong>siège</strong> (juges). Les magistrats du parquet sont hiérarchisés sous le Ministre.

9. Le grade le plus élevé d'un magistrat camerounais est :

  • A) Magistrat 1ère classe
  • B) Magistrat de 2ème classe
  • ✅ C) Magistrat hors hiérarchie — Bonne réponse
  • D) Procureur Général

Explication : Magistrat hors hiérarchie = grade le plus élevé. En dessous : 1ère classe, 2ème classe, début de carrière. Décret 95/048.

10. L'ENAM Magistrature dure :

  • A) 1 an
  • ✅ B) 2 ans — Bonne réponse
  • C) 3 ans
  • D) 4 ans

Explication : Scolarité de 2 ans, dont 1 an de tronc commun et 1 an de spécialisation magistrature + stages en juridictions.

🏆 Score attendu pour réussir le concours ENAM : ≥ 7/10 sur ce quiz

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