Fondé entre le IVe et le VIIIe siècle par les Soninkés, l'empire qu'ils nommaient Wagadou et que les Arabes appelaient Ghana (du titre royal ghâna, « roi-guerrier ») couvrait les actuelles Mauritanie sud-orientale et Mali occidental, entre les fleuves Sénégal et Niger.
La richesse du Ghana reposait sur sa position de carrefour entre les mines d'or de Bambouk et Boudou au sud, et les caravanes de sel descendant de Taghaza au nord. Le souverain, appelé Tunka ou Kaya Maghan (« roi de l'or »), monopolisait les pépites d'or, ne laissant que la poudre à ses sujets, et taxait chaque charge traversant ses frontières.
Le géographe andalou Al-Bakri, dans son Livre des routes et des royaumes (1067), décrit la capitale Koumbi-Saleh comme une double cité distante de dix kilomètres : un quartier musulman avec douze mosquées, et un quartier royal animiste où le Tunka recevait paré d'or, entouré de chiens portant colliers d'or. Al-Bakri écrit : « Le roi du Ghana est le plus puissant des rois noirs ; sa terre est riche en or. »
À partir de 1054, les Almoravides berbères, conduits par Abou Bakr ibn Omar, lancent une guerre sainte contre le Ghana animiste. Koumbi-Saleh tombe en 1076. Bien que partiellement reconstitué, l'empire ne se relève jamais vraiment : ses provinces se rebellent, le sol se désertifie. En 1240, Soundiata Keïta, fondateur de l'Empire du Mali, intègre définitivement les restes du Wagadou.
Le Ghana inaugura le modèle de l'empire ouest-africain fondé sur l'or, le commerce transsaharien et la coexistence islam-religions traditionnelles. Le Mali puis le Songhaï s'en inspireront. La République du Ghana moderne (indépendance 1957) emprunta volontairement ce nom prestigieux à l'initiative de Kwame Nkrumah.
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