Le royaume d'Aksoum (ou Axoum) prospéra du Ier siècle av. J.-C. au Xe siècle de notre ère sur les hauts plateaux de l'actuelle Éthiopie et de l'Érythrée. Sa capitale éponyme contrôlait les routes commerciales reliant la mer Rouge, l'Arabie du Sud et l'océan Indien.
Le port d'Adoulis, sur la mer Rouge, exportait ivoire, or, encens, écailles de tortue et esclaves vers l'Égypte romaine, la Perse, l'Inde et Ceylan. Au IIIe siècle, le prophète manichéen Mani classait Aksoum parmi les quatre grands royaumes du monde avec Rome, la Perse sassanide et la Chine. Aksoum fut le premier État subsaharien à frapper sa propre monnaie — en or, argent et bronze — dès le règne d'Endybis (vers 270-300).
Vers 330, le roi Ezana (320-360) se convertit au christianisme sous l'influence de Frumence de Tyr, faisant d'Aksoum l'un des tout premiers États chrétiens de l'histoire, presque contemporain de l'Empire romain de Constantin. Ezana fit graver des inscriptions trilingues en guèze, sabéen et grec, attestant ses victoires sur le royaume de Méroé et sa nouvelle foi.
Les fameuses stèles monolithiques d'Axum, taillées dans un seul bloc de granit, atteignent jusqu'à 33 mètres de hauteur. La Grande Stèle brisée de 520 tonnes serait le plus grand monolithe jamais érigé par l'homme. Elles servaient de marqueurs funéraires pour les rois aksoumites.
À partir du VIIe siècle, l'expansion islamique coupa Aksoum de ses débouchés commerciaux. Le royaume se replia vers les hauts plateaux du sud et donna naissance, des siècles plus tard, à l'Empire éthiopien des Salomonides (1270). Comme l'écrivait l'historien Stuart Munro-Hay : « Aksoum fut le maillon manquant entre la Méditerranée antique et l'Afrique noire chrétienne. »
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