Le BHB — abréviation affectueuse pour Beignets-Haricots-Bouillie — est bien plus qu'un petit-déjeuner. C'est une institution qui rythme les matinées de millions de Camerounais, des élèves en uniforme aux fonctionnaires pressés. Né dans les rues de Douala et Yaoundé, ce trio a conquis tout le pays puis la diaspora.

Le BHB s'est imposé dans les années 1960-70 comme nourriture de masse abordable. Riche en protéines (haricots), en glucides complexes (maïs, blé) et en lipides énergétiques (huile rouge), il fournissait l'énergie nécessaire aux travailleurs et écoliers. Aujourd'hui encore, on dit qu'"un Camerounais qui n'a pas mangé son BHB n'a pas commencé sa journée".
Pour des beignets bien soufflés, l'eau doit être tiède (37°C max), pas chaude. Trop chaude, elle tue la levure. Pour les haricots, ajoutez l'huile rouge en deux temps : moitié pendant la cuisson, moitié à la fin pour le parfum. La bouillie : délayer toujours à froid avant la cuisson, sinon grumeaux garantis.

À Paris, plusieurs restaurants camerounais (Château Rouge, Strasbourg-Saint-Denis) servent le BHB le dimanche matin pour la communauté. À Montréal, les épiceries afro de Côte-des-Neiges vendent les ingrédients prêts à l'emploi.
| Caracteristique | Detail |
|---|---|
| Nom du plat | Beignets-Haricots-Bouillie (BHB) |
| Origine ethnique | Urbain camerounais (Yaounde, Douala) |
| Region principale | Tout le Cameroun (specialite urbaine) |
| Occasion traditionnelle | Petit-dejeuner quotidien, weekends, recoltes |
| Temps de preparation | 1 h 30 |
| Difficulte | Facile |
| Portions | 6 personnes |
Le trio Beignets-Haricots-Bouillie (souvent abrege BHB ou "tomates jaunes" dans le jargon des quartiers) est le petit-dejeuner emblematique du Cameroun urbain. Vendu des 5 h du matin dans les rues de Yaounde, Douala, Bafoussam, par les "mamans BHB", c'est un combo bon marche et nourrissant qui sustente etudiants, ouvriers, employes de bureau. La combinaison sucre (beignets, bouillie) + sale (haricots) est unique au Cameroun. Pour 500-800 FCFA (~1 EUR), on a un repas complet pour la matinee.
Le BHB est ne dans les annees 1960-70 avec l'urbanisation. Les femmes migrant vers les villes ont developpe ce commerce de rue accessible. Aujourd'hui, c'est un secteur economique informel majeur, employant des milliers de femmes. Les "spots BHB" sont des reperes geographiques : "rendez-vous chez Maman BHB du carrefour" est une indication courante. La diaspora le reproduit le dimanche matin pour retrouver le gout de chez soi.
Le bon timing : Le BHB se prepare le matin meme : beignets chauds, haricots fraichement reheats, bouillie tiede. Tout doit etre servi dans la demi-heure de la cuisson.
Au-dela du plat lui-meme, le BHB (Beignets-Haricots-Bouillie) porte une charge culturelle profonde dans la communaute urbain camerounais de la region tout le pays. Les anthropologues alimentaires y voient un marqueur d\'identite : on reconnait l\'origine ethnique d\'un cuisinier a sa maniere de doser le piment, de couper les feuilles, de presenter le plat. Lors des grandes occasions (dot, levee de deuil, intronisation), refuser une portion offerte par la maitresse de maison est percu comme un grave manquement aux regles de courtoisie.
Dans la diaspora, ces plats deviennent des outils de transmission generationnelle. Les enfants nes en France, au Canada, en Belgique, decouvrent leur heritage par la cuisine. Les associations camerounaises de Paris (CAMAFRICA), Montreal (Diaspora 237) et Bruxelles organisent regulierement des "ateliers cuisine d\'ailleurs" pour les jeunes generations.
"Quand on quitte le pays, on emporte la cuisine de sa mere dans ses bagages. C\'est le seul morceau de patrie qu\'on peut reconstituer partout." — Ferdinand Oyono, ecrivain camerounais
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