La République du Congo (aussi appelée Congo-Brazzaville pour la distinguer de la République démocratique du Congo, son voisin de l'autre rive du fleuve), est un pays d'Afrique centrale d'environ 342 000 km² et 5,8 millions d'habitants. Situé à cheval sur l'équateur, le pays est dominé par la forêt équatoriale dense (qui couvre environ 60 % du territoire) au nord et par des plateaux et savanes au sud. Le fleuve Congo, deuxième fleuve du monde par son débit, forme la frontière orientale avec la RDC sur plus de 1 100 km.
La République du Congo compte environ 70 groupes ethniques, organisés en quelques grandes familles culturelles et linguistiques :
| Groupe | Région principale | Population estimée | Particularité |
|---|---|---|---|
| Kongo (Bakongo) | Sud (Pool, Bouenza, Niari, Lékoumou) | ~1 500 000 (25 %) | Civilisation ancienne, nkisi, catholicisme précoce |
| Téké (Batéké) | Centre (Plateaux, Pool) | ~700 000 (17 %) | Masques Kidumu, commerce longue distance |
| Mbochi | Nord (Cuvette, Sangha) | ~500 000 (12 %) | Pêcheurs du fleuve, forge |
| Vili | Côte (Kouilou, Pointe-Noire) | ~250 000 (6 %) | Commerce maritime, culte du Nkisi Nkondi |
| Sanga | Nord (Sangha) | ~180 000 | Forêt dense, proximité des Baka |
| Pygmées Aka/Baka | Forêt du nord | ~30 000 | Chasseurs-cueilleurs, polyphonies sacrées |
Les Bakongo (ou Kongo) constituent le peuple le plus important numériquement et historiquement au Congo-Brazzaville. Ils sont les héritiers de l'Empire du Kongo, l'une des plus grandes formations étatiques précoloniales d'Afrique centrale, qui a existé du XIVe au XIXe siècle et dont le territoire s'étendait sur l'actuel Congo-Brazzaville, la RDC, l'Angola et l'enclave de Cabinda.
L'Empire du Kongo était organisé autour d'un roi (Manikongo) résidant à São Salvador (aujourd'hui Mbanza Kongo en Angola). Sous son autorité se trouvaient des gouverneurs de provinces, eux-mêmes maîtres de districts subdivisés en villages. Cette organisation centralisée a permis le développement d'un commerce longue distance, d'une monnaie (les nzimbu, coquillages), d'une administration et d'une diplomatie sophistiquées.
La société Kongo est fondamentalement matrilinéaire : l'appartenance clanique (kanda), l'héritage et la succession se transmettent par la mère. Un homme appartient au clan de sa mère, et il héritera normalement des biens de son oncle maternel plutôt que de son père biologique. Cette organisation a des implications profondes sur la vie familiale :
Les Batéké (ou Téké) occupent les plateaux centraux du Congo, une région de savanes et de galeries forestières aux sols pauvres en apparence mais dotée d'importantes ressources en minerais et en voies de communication. Les Téké ont développé très tôt une spécialisation dans le commerce longue distance, servant d'intermédiaires entre les peuples de la forêt au nord (Mbochi, Aka) et les Kongo au sud.
L'organisation politique Téké est décentralisée : le nkani (roi Téké) a une autorité plus rituelle que politique. Les décisions concrètes sont prises par des chefs de terre (ngantsié) qui détiennent la légitimité sur des territoires définis. Contrairement aux Kongo dont l'État centralisé a facilité la domination étrangère, la décentralisation Téké a permis une plus grande résilience face aux colonisateurs.
Les Vili occupent la bande côtière du Kouilou, autour de Pointe-Noire, l'actuelle capitale économique du Congo. Pêcheurs et navigateurs par excellence, les Vili ont développé une tradition maritime remarquable sur l'océan Atlantique, utilisant de grandes pirogues à balancier pour pêcher en haute mer. Ils ont aussi été très tôt impliqués dans le commerce atlantique, d'abord avec les Portugais puis avec tous les autres Européens.
Le royaume Vili de Loango, qui existait du XIVe au XIXe siècle, était une puissance commerciale régionale qui exportait cuivre, ivoire, esclaves et produits forestiers en échange de textiles, alcool et armes à feu européens. Le Roi de Loango (Maloango) était entouré d'un cérémonial complexe et de nombreux tabous alimentaires et comportementaux qui soulignaient sa nature semi-divine.
Les langues du Congo-Brazzaville appartiennent toutes à la famille bantoue. Le kikongo (langue des Bakongo) et le kitéké (langue des Téké) sont les deux langues vernaculaires les plus importantes. Le lingala, utilisé par les Mbochi du nord, est également la langue commerciale de Brazzaville et du pays grâce à sa diffusion liée à la navigation fluviale. Le français est la langue officielle.
La tradition orale congolaise est extrêmement riche. Les nkoko (conteurs professionnels Kongo) maîtrisent un vaste répertoire de contes, proverbes, devinettes et éloges ancestraux. La transmission orale est le vecteur principal de la cosmologie, de l'histoire et des valeurs morales dans les sociétés sans écriture traditionnelle.
Le Congo-Brazzaville a été colonisé par la France à partir des traités signés par Pierre Savorgnan de Brazza avec le roi Téké Makoko en 1880 (traité qui a donné son nom à Brazzaville). La colonisation française a profondément transformé les structures sociales congolaises : travail forcé, impôt de capitation, missions chrétiennes, économie de plantation.
L'indépendance a été proclamée le 15 août 1960. Depuis lors, le Congo-Brazzaville a connu une histoire politique agitée : coup d'État de 1968 installant un régime marxiste-léniniste, guerre civile de 1997, et domination politique de Denis Sassou Nguesso depuis 1979 (avec une interruption de 1992 à 1997).
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