Le bug bounty est un programme organisé par une entreprise ou organisation qui récompense financièrement les chercheurs en sécurité qui découvrent et signalent de manière responsable des vulnérabilités dans leurs systèmes. Ce concept existe depuis 1995 (Netscape), mais il a explosé dans les années 2010 avec la montée en puissance des plateformes dédiées.
La distinction fondamentale entre un bug bounty hunter légitime et un cybercriminel réside dans l'autorisation explicite. Sans cette autorisation formalisée via un programme bug bounty, tester la sécurité d'un système sans permission constitue une infraction pénale dans pratiquement tous les pays (Computer Fraud and Abuse Act aux États-Unis, article 323-1 du Code pénal français, loi 2011/12 au Cameroun, Code criminel canadien).
Le safe harbor (ou port sécurisé) est une clause juridique incluse dans les politiques de bug bounty qui protège les chercheurs de bonne foi contre des poursuites judiciaires, à condition qu'ils respectent les règles du programme. Un safe harbor typique précise :
Toujours vérifier la présence d'une clause safe harbor avant de commencer tout test. Son absence est un signal d'alarme majeur.
HackerOne (fondée en 2012, San Francisco) est la plus grande plateforme de bug bounty au monde. Elle héberge plus de 3 000 programmes actifs et a distribué plus de 300 millions de dollars en récompenses. Parmi ses clients : U.S. Department of Defense, Google, Facebook, Spotify, Slack, Shopify, PayPal.
Fonctionnalités clés :
Bugcrowd (fondée en 2011, San Francisco) est la principale concurrente de HackerOne. Elle se distingue par son système de triage externalisé (Bugcrowd gère la validation initiale des rapports) et son approche orientée entreprises. Clients notables : Tesla, Mastercard, OpenAI, Pinterest.
Le système de priorité de Bugcrowd utilise les niveaux P1 (Critical), P2 (Severe), P3 (Moderate), P4 (Low), P5 (Informational) basé sur leur taxonomie VRT (Vulnerability Rating Taxonomy).
Intigriti (fondée en 2016, Belgique) est leader en Europe. Elle propose des programmes publics et privés avec un fort accent sur la communauté européenne. Particulièrement adaptée pour les chercheurs francophones grâce à une interface partiellement disponible en français.
Yeswehack est la plateforme française de bug bounty, fondée en 2015. Elle héberge des programmes d'organisations françaises et européennes (Airbus, OVH, BNP Paribas) et propose une interface entièrement en français.
Le scope définit précisément les systèmes, domaines, applications et comportements qui sont autorisés lors des tests. C'est le document le plus important à lire avant de commencer.
IN SCOPE :
- *.exemple.com (tous sous-domaines)
- api.exemple.com/v2 (API v2 uniquement)
- Application mobile iOS et Android
OUT OF SCOPE :
- staging.exemple.com
- Systèmes de tiers (hébergeurs, CDN)
- Attaques DoS/DDoS
- Ingénierie sociale
- Tests sur les comptes d'autres utilisateurs réelsLes programmes publics sont accessibles à tous les chercheurs inscrits sur la plateforme. La concurrence est forte mais ils permettent de débuter et de construire sa réputation.
Les programmes privés ne sont accessibles que sur invitation. Ils offrent généralement des récompenses plus élevées, moins de concurrence, et des cibles plus complexes. L'accès se débloque en atteignant un certain niveau de réputation sur les programmes publics.
Les VDP (sans récompense financière) permettent de pratiquer légalement sans pression de performance. Parfois un premier pas avant un programme payant complet. Idéal pour les débutants.
La leçon suivante est également gratuite. Découvrez-la sans inscription.
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