Analyse, géométrie dans l'espace, suites, probabilités, complexes — programme officiel Terminale S Mali.
L'épreuve de Mathématiques du BAC S Mali dure 4 heures (coefficient 5 en S1, 4 en S2). Elle comporte typiquement 4 exercices de difficulté croissante couvrant les domaines suivants : analyse (fonctions, intégrales, équations différentielles), suites et récurrence, probabilités et statistiques, géométrie dans le plan ou l'espace (nombres complexes, vecteurs, droites, plans).
« Les mathématiques de Terminale S visent à doter l'élève d'outils rigoureux d'analyse et de modélisation, prérequis pour les filières STEM. » — Programme officiel MEN/DNEN, Mathématiques Terminale S.
La fonction exp(x) est l'unique fonction dérivable sur ℝ vérifiant f'(x) = f(x) et f(0) = 1. Ses propriétés fondamentales : exp(a+b) = exp(a) × exp(b), exp(-x) = 1/exp(x), exp(x) > 0 pour tout x. Limites : lim(x→+∞) exp(x) = +∞, lim(x→-∞) exp(x) = 0.
Le logarithme népérien ln(x) est la fonction réciproque de l'exponentielle, définie sur ]0;+∞[. Propriétés : ln(ab) = ln(a) + ln(b), ln(a/b) = ln(a) - ln(b), ln(a^n) = n·ln(a). Limites : lim(x→+∞) ln(x) = +∞, lim(x→0+) ln(x) = -∞.
Calculer I = ∫[0,1] x·exp(x) dx
Solution : u = x, u' = 1, v' = exp(x), v = exp(x)
I = [x·exp(x)] de 0 à 1 - ∫[0,1] exp(x) dx = (1·e - 0) - (e - 1) = 1
Les suites récurrentes u_(n+1) = f(u_n) constituent un classique du BAC S. Méthodes essentielles :
P(A|B) = P(A∩B)/P(B). Formule de probabilités totales : P(A) = ΣP(A|B_i)·P(B_i). Théorème de Bayes : P(B|A) = P(A|B)·P(B)/P(A).
Un nombre complexe z = a + ib où i² = -1. Module : |z| = √(a²+b²). Argument : arg(z) = θ tel que cos θ = a/|z|, sin θ = b/|z|. Forme exponentielle : z = |z|·e^(iθ). Formule de Moivre : (cos θ + i sin θ)^n = cos(nθ) + i sin(nθ).
Soit la fonction f(x) = (x² - 3x + 2) / (x - 1), définie sur D = ℝ \ {1}.
Étape 1 — Simplification. On factorise le numérateur : x² - 3x + 2 = (x-1)(x-2). Donc pour x ≠ 1 :
f(x) = (x-1)(x-2) / (x-1) = x - 2
Étape 2 — Domaine et asymptotes. La fonction f est définie sur D = ℝ \ {1}. En x = 1, on a un trou (pas une asymptote verticale, juste un point manquant — la limite à gauche et à droite donne f(1) = -1).
Étape 3 — Dérivée. Sur D, f(x) = x - 2, donc f'(x) = 1 > 0 partout. La fonction est strictement croissante sur ]-∞, 1[ et sur ]1, +∞[.
Étape 4 — Tableau de variation :
| x | -∞ | 1 | +∞ | ||
|---|---|---|---|---|---|
| f'(x) | + | ‖ | + | ||
| f(x) | -∞ → | -1 (trou) | ‖ | -1 (trou) → | +∞ |
Énoncé. Démontrer que pour tout entier naturel n ≥ 1 :
1 + 2 + 3 + ... + n = n(n+1)/2
Étape 1 — Initialisation (n = 1). Pour n = 1 : membre de gauche = 1, membre de droite = 1×2/2 = 1. ✓ L'égalité est vraie au rang n = 1.
Étape 2 — Hérédité. Supposons l'égalité vraie au rang n (hypothèse de récurrence HR) :
1 + 2 + ... + n = n(n+1)/2
Montrons-la au rang n+1, c'est-à-dire que 1 + 2 + ... + n + (n+1) = (n+1)(n+2)/2.
On part du membre de gauche :
1 + 2 + ... + n + (n+1) = n(n+1)/2 + (n+1) (par HR)
= (n+1) × [n/2 + 1]
= (n+1) × [(n+2)/2]
= (n+1)(n+2)/2 ✓
Étape 3 — Conclusion. L'égalité est vraie au rang 1 et est héréditaire. D'après le principe de récurrence, elle est vraie pour tout n ≥ 1. ∎
Soit g(x) = (x² - 1) × e^(-x), définie sur ℝ.
1) Limites aux bornes.
x² × e^(-x) → 0 (croissance comparée). Donc lim g(x) = 0.x² → +∞ et e^(-x) → +∞, donc lim g(x) = +∞.2) Dérivée. Par la règle du produit (u'v + uv') :
g'(x) = 2x × e^(-x) + (x² - 1) × (-e^(-x))
= e^(-x) × [2x - x² + 1]
= e^(-x) × [-x² + 2x + 1]
3) Signe de g'(x). Comme e^(-x) > 0 toujours, le signe de g'(x) est celui de P(x) = -x² + 2x + 1.
Discriminant : Δ = 4 + 4 = 8, racines x = (2 ± 2√2) / (-2) = -1 ± √2.
Donc P(x) > 0 entre les racines 1 - √2 ≈ -0,41 et 1 + √2 ≈ 2,41.
4) Tableau de variation :
| x | -∞ | 1-√2 | 1+√2 | +∞ | |
|---|---|---|---|---|---|
| g'(x) | 0 | + | 0 | ||
| g(x) | +∞ ↘ | min | ↗ | max | ↘ 0 |
Énoncé. Résoudre l'équation différentielle y' + 2y = 4x + 6 sur ℝ, avec la condition initiale y(0) = 5.
Étape 1 — Solution de l'équation homogène associée. L'équation homogène est y'_h + 2y_h = 0, dont les solutions sont y_h(x) = K × e^(-2x) avec K ∈ ℝ.
Étape 2 — Recherche d'une solution particulière. Comme le second membre est un polynôme de degré 1, on cherche une solution particulière sous la forme y_p(x) = ax + b.
Alors y'_p = a et l'équation devient : a + 2(ax + b) = 4x + 6, soit 2ax + (a + 2b) = 4x + 6.
Par identification : 2a = 4 donne a = 2, et a + 2b = 6 donne 2b = 4, soit b = 2.
Solution particulière : y_p(x) = 2x + 2.
Étape 3 — Solution générale. y(x) = y_h(x) + y_p(x) = K × e^(-2x) + 2x + 2.
Étape 4 — Application de la condition initiale. y(0) = K + 0 + 2 = 5, donc K = 3.
Solution finale : y(x) = 3 × e^(-2x) + 2x + 2. ∎
| Notion | Formule | Usage |
|---|---|---|
| Forme algébrique | z = a + ib | Calcul |
| Module | |z| = √(a² + b²) | Distance OM |
| Argument | arg(z) = θ | Angle (Ox, OM) |
| Forme trigonométrique | z = |z|(cos θ + i sin θ) | Géométrie |
| Forme exponentielle | z = |z| × e^(iθ) | Multiplication / division |
| Formule de Moivre | (cos θ + i sin θ)^n = cos(nθ) + i sin(nθ) | Puissances |
Énoncé. Soit le point M d'affixe z = 1 + i√3. Trouve l'affixe z' du point M' obtenu en faisant subir à M une rotation de centre O et d'angle π/3.
Méthode. Une rotation de centre O et d'angle θ correspond à la multiplication par e^(iθ). Donc z' = z × e^(iπ/3).
Forme exponentielle de z : |z| = √(1 + 3) = 2, arg(z) = arctan(√3/1) = π/3. Donc z = 2 × e^(iπ/3).
Alors : z' = 2 × e^(iπ/3) × e^(iπ/3) = 2 × e^(i2π/3) = 2(cos(2π/3) + i sin(2π/3)) = 2(-1/2 + i × √3/2) = -1 + i√3.
Donc M' = (-1 ; √3).
Énoncé. Un sac contient 4 boules rouges et 6 boules blanches. On tire successivement et sans remise 3 boules. Soit X la variable aléatoire qui compte le nombre de boules rouges obtenues.
1) Détermine la loi de probabilité de X.
2) Calcule E(X) et V(X).
Résolution. X suit une loi hypergéométrique de paramètres (N=10, K=4, n=3). Les valeurs possibles sont X ∈ {0, 1, 2, 3}.
Formule : P(X=k) = C(K,k) × C(N-K, n-k) / C(N, n)
Avec C(10,3) = 120 au dénominateur :
| k | Calcul | P(X=k) |
|---|---|---|
| 0 | C(4,0)×C(6,3) / 120 = 1×20/120 | 1/6 ≈ 0,167 |
| 1 | C(4,1)×C(6,2) / 120 = 4×15/120 | 1/2 = 0,500 |
| 2 | C(4,2)×C(6,1) / 120 = 6×6/120 | 3/10 = 0,300 |
| 3 | C(4,3)×C(6,0) / 120 = 4×1/120 | 1/30 ≈ 0,033 |
Vérification : 1/6 + 1/2 + 3/10 + 1/30 = 5/30 + 15/30 + 9/30 + 1/30 = 30/30 = 1 ✓
Espérance : E(X) = 0×(1/6) + 1×(1/2) + 2×(3/10) + 3×(1/30) = 0 + 0,5 + 0,6 + 0,1 = 1,2
Vérification théorique loi hypergéométrique : E(X) = nK/N = 3×4/10 = 1,2 ✓
Variance : V(X) = nK(N-K)(N-n) / [N²(N-1)] = 3×4×6×7 / (100×9) = 504/900 = 0,56
Énoncé. Soit h(x) = x × ln(x) définie sur ]0, +∞[.
1) Étudier les variations de h sur son domaine.
2) Calculer ∫(de 1 à e) h(x) dx.
Résolution 1) :
Limite en 0+ : x × ln(x) → 0 (croissance comparée).
Limite en +∞ : +∞ × +∞ = +∞.
Dérivée : h'(x) = ln(x) + x × (1/x) = ln(x) + 1.
h'(x) = 0 ⇔ ln(x) = -1 ⇔ x = 1/e.
Signe : h'(x) < 0 sur ]0, 1/e[ et h'(x) > 0 sur ]1/e, +∞[.
Minimum en x = 1/e : h(1/e) = (1/e) × ln(1/e) = -1/e ≈ -0,368.
Résolution 2) : On utilise une intégration par parties (IPP).
Posons u = ln(x) donc u' = 1/x, et v' = x donc v = x²/2.
∫ x ln(x) dx = (x²/2) × ln(x) - ∫ (x²/2) × (1/x) dx = (x²/2) ln(x) - ∫ x/2 dx = (x²/2) ln(x) - x²/4 + C
Évaluation entre 1 et e :
En x = e : (e²/2) × 1 - e²/4 = e²/4
En x = 1 : (1/2) × 0 - 1/4 = -1/4
Résultat : ∫(1 à e) x ln(x) dx = e²/4 - (-1/4) = e²/4 + 1/4 = (e² + 1)/4 ≈ 2,097 ∎
Soit le plan (P) : 2x - y + 2z - 5 = 0 et le point A(1, 3, 2). Calculer la distance d(A, P).
Formule officielle : d(A, P) = |2x_A - y_A + 2z_A - 5| / √(2² + 1² + 2²) = |2 - 3 + 4 - 5| / √9 = 2/3 unités.
Soit la droite D : (x ; y ; z) = (1+t ; 2-t ; 3+2t) et le plan (P) : x + y + z = 10. Trouver le point d'intersection.
Substitution : (1+t) + (2-t) + (3+2t) = 10, soit 6 + 2t = 10, donc t = 2. Le point d'intersection est I(3, 0, 7).
Soit la suite définie par u_0 = 1 et u_(n+1) = 2u_n + 3 pour n ≥ 0.
Méthode : chercher le point fixe ℓ : ℓ = 2ℓ + 3 ⇔ ℓ = -3.
Posons v_n = u_n + 3. Alors v_(n+1) = u_(n+1) + 3 = 2u_n + 3 + 3 = 2(u_n + 3) = 2v_n. Donc (v_n) est géométrique de raison 2.
Conclusion : v_n = v_0 × 2^n = 4 × 2^n, donc u_n = 4 × 2^n - 3 = 2^(n+2) - 3.
Une suite (u_n) telle que u_(n+1) = au_n + b avec |a| < 1 converge vers le point fixe ℓ = b/(1-a). Si |a| ≥ 1, la suite diverge (sauf cas particuliers).
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