Maîtrise de la dissertation littéraire et du commentaire composé.
L'épreuve de français en série A dure 4 heures et est notée sur 20 (coefficient 5). Le candidat choisit un sujet parmi trois proposés :
Lecture attentive (3 lectures recommandées) ; repérage du genre, du thème, du registre (lyrique, pathétique, comique, satirique…), des figures de style et de la structure rythmique.
Dégager 2 ou 3 axes de lecture qui répondent à la question : « De quoi ce texte parle-t-il et comment ? ». Exemples d'axes : la mise en scène du désespoir / la critique sociale implicite / l'éloge de la nature.
Introduction (situation de l'auteur et de l'œuvre, présentation du texte, annonce du plan) ; développement (chaque axe = une partie avec sous-parties) ; conclusion (bilan + ouverture).
La dissertation interroge une notion littéraire (rôle du poète, fonctions du théâtre, engagement de l'écrivain africain…). Plan le plus utilisé : dialectique (thèse — antithèse — synthèse).
| Partie | Rôle | Durée |
|---|---|---|
| Introduction | Accroche + reformulation + problématique + annonce | 20 min |
| I. Thèse | Justifie l'affirmation | 40 min |
| II. Antithèse | Nuance ou conteste | 40 min |
| III. Synthèse | Dépasse l'opposition | 30 min |
| Conclusion | Bilan + ouverture | 15 min |
La dissertation littéraire est l'épreuve la plus exigeante du BAC série A. Elle évalue la capacité du candidat à argumenter, illustrer et structurer sa pensée autour d'un problème littéraire (rôle de l'écrivain, fonctions de la littérature, beauté et engagement).
Soit le sujet : « Selon Albert Camus, "l'art est ce qui résiste, même si ce n'est pas la seule chose qui résiste". En vous appuyant sur les œuvres de votre choix, vous discuterez cette affirmation ».
« Le 13 mai 1948, Albert Camus écrit dans ses Carnets : 'l'art est ce qui résiste'. Plus d'un demi-siècle plus tard, alors que les démocraties vacillent et que les guerres s'éternisent, cette affirmation conserve toute son actualité. L'art a-t-il pour vocation de résister à l'injustice et à l'oubli ? Nous étudierons d'abord l'art comme rempart contre la barbarie, puis comme victoire sur le temps, avant d'examiner les autres formes de résistance. »
| Auteur·rice | Œuvre majeure | Thème |
|---|---|---|
| Angèle Rawiri (Gabon) | Elonga (1980), G'amèrakano (1983) | Condition féminine, exil |
| Justine Mintsa (Gabon) | Histoire d'Awu (2000) | Tradition vs modernité |
| Maurice Okoumba-Nkoghe (Gabon) | Siana (1985) | Théâtre engagé |
| Camara Laye (Guinée) | L'Enfant noir (1953) | Récit d'enfance |
| Mongo Béti (Cameroun) | Ville cruelle (1954) | Critique coloniale |
| Ferdinand Oyono (Cameroun) | Une vie de boy (1956) | Domestique colonial |
| Léopold Senghor (Sénégal) | Chants d'ombre (1945) | Négritude, lyrisme |
| Sembène Ousmane (Sénégal) | Les Bouts de bois de Dieu (1960) | Lutte sociale |
| Birago Diop (Sénégal) | Les Contes d'Amadou Koumba (1947) | Tradition orale |
| Ahmadou Kourouma (Côte d'Ivoire) | Les Soleils des indépendances (1968) | Désillusion postcoloniale |
Sujet : « Senghor déclarait : 'La poésie ne doit pas périr'. Pourquoi, selon vous, la poésie africaine joue-t-elle un rôle particulier dans la sauvegarde de la culture du continent ? »
Pistes : I. La poésie comme conservatoire de la tradition orale (Diop, contes ; griot mandingue). II. La poésie comme outil de revendication (Negritude). III. Les défis contemporains : modernisation et public jeune.
« Femme nue, femme noire / Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté / J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux. / Et voici qu'au cœur de l'Été et de Midi, je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné. / Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle. »
Introduction : Léopold Sédar Senghor (1906-2001), premier président du Sénégal et poète phare de la Négritude, publie en 1945 son recueil Chants d'ombre. Le poème « Femme noire » célèbre la beauté féminine et le continent africain, à travers une femme idéalisée. Comment la figure féminine devient-elle le symbole de l'Afrique maternelle ? Nous étudierons d'abord la célébration sensuelle de la femme, puis sa transfiguration en figure mythique et politique.
1.1 Une beauté physique évoquée par les sens. Le poète recourt à un vocabulaire concret du corps (« femme nue », « tes mains », « la douceur »). Les sens sont mobilisés : la vue (couleur, forme), le toucher (douceur des mains), l'imagination tactile (« bandait mes yeux »). Le poème devient une caresse verbale.
1.2 Le rythme et les sonorités. Les vers libres alternent monosyllabes courts (« Femme nue, femme noire ») et phrases longues (« Vêtue de ta couleur qui est vie... »). Les allitérations en [m] (« femme », « me », « mains », « midi ») suggèrent la douceur ; les assonances en [a] (« noire », « beauté », « grandi », « ombre ») ouvrent la voix.
1.3 La nudité comme vérité originelle. Loin d'être obscène, la nudité de la femme renvoie à un état originel pur, comme l'Ève biblique avant la Chute, ou la Vénus antique. Senghor s'inscrit dans une tradition lyrique européenne (Baudelaire, Rimbaud) qu'il africanise.
2.1 La femme-mère. Le « j'ai grandi à ton ombre » établit la relation filiale : la femme noire est la mère qui protège et nourrit. Cette image rejoint le mythe universel de la Magna Mater, déesse-mère.
2.2 La femme-Afrique. Senghor opère une assimilation entre la femme aimée et le continent africain. Elle est « Terre promise », expression biblique évoquant Canaan, la terre de l'élection. Pour les Africains de la diaspora et les exilés, l'Afrique devient elle-même cette Terre promise.
2.3 Une dimension politique implicite. Écrit en 1945, en pleine guerre, ce poème prend une portée militante. Célébrer la beauté de la femme noire, c'est revendiquer la beauté du peuple noir. Le mouvement de la Négritude, fondé par Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, érige cette fierté en programme culturel et politique.
Ce poème mêle célébration intime et déclaration collective. Senghor invente une poétique de la Négritude où la femme africaine, à la fois corps désiré et mère universelle, devient le symbole d'une renaissance noire. Plus de 80 ans après, ce poème reste fondateur dans la littérature africaine francophone. Ouverture : on pourra comparer avec « Cahier d'un retour au pays natal » d'Aimé Césaire (1939), autre manifeste de la Négritude.
Note attendue : 14-16/20 pour cette analyse structurée.
L'engagement politique fait-il partie intégrante de l'identité littéraire africaine, ou est-il une dimension parmi d'autres ?
I. L'écrivain africain a souvent été un combattant politique. Cette posture s'enracine dans le contexte historique : la colonisation (1885-1960) et l'indépendance ont fait de l'écrivain un porte-parole. Ferdinand Oyono (« Le vieux nègre et la médaille », 1956) dénonce l'injustice coloniale. Mongo Béti (« Le pauvre Christ de Bomba », 1956) critique l'aliénation religieuse. Léopold Senghor théorise la Négritude. Sembène Ousmane (« Les Bouts de bois de Dieu », 1960) raconte la grève des cheminots du Sénégal. L'écriture devient un acte de résistance.
II. Mais réduire la littérature africaine à l'engagement appauvrit sa diversité. Camara Laye, dans « L'Enfant noir » (1953), choisit le récit autobiographique tendre et nostalgique, refusant le réquisitoire. Birago Diop ressuscite le conte oral africain dans « Les Contes d'Amadou Koumba » (1947), célébrant la sagesse traditionnelle. Aujourd'hui, Alain Mabanckou, Léonora Miano ou Fatou Diome explorent l'intime, la migration, l'identité hybride — pas seulement le combat politique.
III. La véritable mission de l'écrivain africain est de témoigner avec authenticité. Le débat « art engagé / art pour l'art » dépasse l'Afrique : Sartre, Camus, Hugo se sont posé la même question. L'écrivain est libre. Sa mission ? Témoigner, faire entendre des voix, ouvrir des horizons. La politique peut surgir (comme chez Mongo Béti) ou rester en arrière-plan (comme chez Camara Laye). Ce qui compte, c'est la sincérité et la qualité esthétique.
L'engagement politique a marqué fortement la littérature africaine, mais ne saurait l'épuiser. La diversité contemporaine prouve que l'écrivain africain explore aujourd'hui tous les territoires de l'expérience humaine. Ouverture : dans un monde marqué par les crises (climat, migrations, conflits), de nouvelles formes d'engagement émergent — écologique, féministe, mémoriel — qui renouvellent la question.
Premier président du Sénégal (1960-1980), seul Africain élu à l'Académie française (1983). Cofondateur de la Négritude avec Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas. Œuvres majeures : Chants d'ombre (1945), Hosties noires (1948), Éthiopiques (1956). Sa pensée : « L'émotion est nègre, comme la raison est hellène » (controversée mais signifiante).
Ingénieur de formation, il publie en 1953 son chef-d'œuvre L'Enfant noir, récit autobiographique d'enfance en milieu malinké. Le livre, primé en France, fonde le genre du « récit d'initiation africain ». Autres œuvres : Le Regard du roi (1954), Dramouss (1966).
De son vrai nom Alexandre Biyidi-Awala. Romancier engagé, anticolonialiste virulent. Sous le pseudonyme Eza Boto, il publie Ville cruelle (1954), puis Le pauvre Christ de Bomba (1956) — censuré dès parution. Exilé en France pendant 32 ans, il rentre au Cameroun en 1991.
Diplomate (ambassadeur dans plusieurs pays), il publie trois romans en 4 ans : Une vie de boy (1956), Le vieux nègre et la médaille (1956), Chemin d'Europe (1960). Maître de la satire douce-amère.
Première romancière gabonaise publiée. Ancienne mannequin, scénariste de cinéma. Elonga (1980), G'amèrakano : au carrefour (1983), Fureurs et cris de femmes (1989). Thèmes : féminisme, exil, identité urbaine.
Romancière contemporaine, professeure à l'Université Omar Bongo. Histoire d'Awu (2000) — destin tragique d'une jeune fille de Libreville. Premières lectures (1997).
| Terme | Définition |
|---|---|
| Allégorie | Représentation concrète d'une idée abstraite (la Justice avec une balance) |
| Allitération | Répétition de consonnes proches |
| Anaphore | Répétition d'un mot en début de phrase/vers |
| Antithèse | Opposition de deux idées ou mots |
| Apostrophe | Interpellation directe (« Ô Liberté ! ») |
| Assonance | Répétition de voyelles proches |
| Asyndète | Suppression des conjonctions |
| Chiasme | Croisement de termes (« il faut manger pour vivre, non vivre pour manger ») |
| Comparaison | Rapprochement avec un outil (comme, tel) |
| Énumération | Liste d'éléments |
| Euphémisme | Adoucir une réalité dure (« disparu » pour « mort ») |
| Gradation | Énumération croissante ou décroissante |
| Hyperbole | Exagération |
| Ironie | Dire le contraire de ce qu'on pense |
| Litote | Dire moins pour dire plus |
| Métaphore | Rapprochement sans outil |
| Métonymie | Désigner par un élément lié (« boire un verre ») |
| Oxymore | Alliance de deux contraires |
| Paradoxe | Affirmation contre l'opinion commune |
| Périphrase | Exprimer par plusieurs mots (« la ville lumière » = Paris) |
| Personnification | Donner des traits humains à un objet |
| Pléonasme | Répétition inutile (« monter en haut ») |
| Question rhétorique | Question sans réponse attendue |
| Synecdoque | Partie pour le tout (« une voile » = un bateau) |
| Zeugma | Coordonner deux mots de natures différentes |
Identifiez la figure de style dans chaque phrase :
Pour le poème « Demain dès l'aube » de Victor Hugo (1856), proposez deux axes de lecture.
Pistes : I. Un poème de marche obstiné et silencieux (vocabulaire de la détermination, rythme du voyage). II. Un poème de deuil et d'amour (révélation finale : c'est sa fille Léopoldine).
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