← Back to course
▶ Free preview · Lesson offered

Le Makossa : du Cameroun au monde entier

⏱ 8 min · 🎬 Lesson · 🏆 15 XP

Le Makossa : du Cameroun au monde entier

Le Makossa est probablement la musique camerounaise la plus connue à l'international. Né dans la région du Littoral, autour de la grande ville portuaire de Douala, il a été propulsé sur la scène mondiale en 1972 par Manu Dibango avec son tube planétaire Soul Makossa.

Étymologie et origines

Le mot makossa vient du verbe douala kosa, qui signifie « se trémousser » ou « danser en remuant les hanches ». La forme nominale ma-kossa désigne donc « la danse » par excellence chez les Douala, peuple sawa de la côte camerounaise. À l'origine, c'est une musique de fête villageoise accompagnée de tambours ngoma, de cloches et de chants en langue douala.

L'invention du Makossa moderne (1950-1970)

La modernisation commence à Douala dans les années 1950 avec des artistes comme Ebanda Manfred, Nelle Eyoum et Eboa Lotin, qui introduisent la guitare acoustique puis électrique, ainsi que les cuivres (saxophone, trompette). Le rythme se stabilise autour d'une mesure binaire à quatre temps, avec un groove très carré et dansant.

Manu Dibango et la consécration mondiale

Manu Dibango (1933-2020), saxophoniste de génie originaire de Douala, enregistre en 1972 la chanson Soul Makossa. Initialement face B d'un disque à la gloire des Lions Indomptables, le morceau devient un succès international après sa diffusion par les DJ new-yorkais. Il atteint le Billboard Hot 100, influence le funk et le disco, et inspirera plus tard Michael Jackson (Wanna Be Startin' Somethin') et Rihanna (Don't Stop the Music), ce qui donnera lieu à un procès retentissant en 2009.

L'âge d'or des années 1980

Les années 1980 sont l'âge d'or du Makossa. Une nouvelle génération s'impose :

  • Sam Fan Thomas et son tube African Typic Collection (1984), qui fusionne Makossa et Makassi
  • Ben Decca et Grace Decca, frère et sœur, voix élégantes et raffinées du genre
  • Toto Guillaume, guitariste pionnier surnommé « le Pape du Makossa »
  • Moni Bilé, voix aérienne
  • Petit-Pays (Adolphe Claude Moundi), qui invente le Makossa Love et règne sur la scène avec sa Sans Visa Productions

Lapiro de Mbanga et le Makossa engagé

Lapiro de Mbanga (1957-2014) incarne le versant politique et populaire du Makossa. Avec son français-pidgin, son humour mordant et ses chansons engagées comme Mimba We ou Constitution Constipée, il devient la voix du peuple et finira emprisonné pour ses critiques du régime. Sa figure reste celle d'un artiste résistant.

Les dérivés et la diaspora

Le Makossa a engendré de nombreux dérivés : Makassi, Mboa Bass, Makossa Love, et plus récemment des fusions avec le coupé-décalé et l'afrobeats. Il reste le pilier de la nuit camerounaise à Paris, Bruxelles, Londres et Montréal, et continue d'être réinventé par des artistes comme X-Maleya, Charlotte Dipanda ou Salatiel.

Caractéristiques musicales

  • Mesure : 4/4, tempo modéré à rapide
  • Instrumentation : guitares (rythmique et solo), basse, batterie, cuivres, claviers
  • Langues : douala, français, pidgin camerounais
  • Danse : déhanchement marqué, mouvement des épaules, pas chassé

Continue the journey 🚀

Sign up to access the 10 other lessons + the final quiz.

Create my account
🍪 Nous utilisons des cookies essentiels et, avec ton accord, des cookies analytiques. En savoir plus

⚙️ Préférences cookies

Choisis quels cookies tu acceptes — modifiable à tout moment.

🔐 Essentiels (obligatoires)Authentification, session, sécurité. Toujours actifs.
📊 Analytics anonymesMesure d'audience anonymisée — aucune donnée personnelle.
📣 MarketingPublicités ITAG pertinentes sur d'autres sites.
💬 Contactez-nous sur WhatsApp