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Chapitre 1 — Génétique mendélienne et moléculaire

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🎯 Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon de Génétique mendélienne et moléculaire, conforme au programme officiel du Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) pour la Terminale C, vous saurez :

  • Maîtriser les trois lois de Mendel et résoudre des exercices de monohybridisme, dihybridisme et croisement-test selon les exigences du BAC série C
  • Analyser l'hérédité liée au sexe (hémophilie, daltonisme) et construire des arbres généalogiques conformes aux standards de l'Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC)
  • Appliquer la loi de Hardy-Weinberg aux populations et identifier les facteurs perturbateurs de l'équilibre génétique
  • Expliquer le flux de l'information génétique : structure de l'ADN, réplication, transcription et traduction selon le code génétique universel
  • Identifier et classifier les mutations génétiques et chromosomiques, et expliquer leurs conséquences phénotypiques et médicales
📌 Importance au BAC C
La génétique représente 30 à 40 % de l'épreuve de SVT au Baccalauréat série C (coefficient 3). Selon les statistiques de l'OBC, c'est le chapitre où les candidats perdent le plus de points par erreur méthodologique dans les croisements et l'interprétation des résultats.

📖 Introduction & contexte officiel

La génétique, science de l'hérédité et de la variation des caractères biologiques, constitue un pilier fondamental du programme de Sciences de la Vie et de la Terre en classe de Terminale C. Selon le Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) du Cameroun, ce chapitre articule deux approches complémentaires : la génétique formelle ou mendélienne, héritée des travaux pionniers du moine Gregor Mendel (1822-1884) sur les pois, et la génétique moléculaire moderne, développée après la découverte de la structure de l'ADN par Watson et Crick en 1953.

Le programme officiel impose une progression rigoureuse allant des phénomènes observables (lois statistiques de transmission des caractères) vers les mécanismes moléculaires sous-jacents (ADN, ARN, synthèse protéique). Cette double perspective permet aux candidats du BAC série C de développer à la fois des compétences de calcul probabiliste et une compréhension des processus biologiques fondamentaux. L'Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) attend des candidats une maîtrise parfaite de la méthodologie des croisements, la construction d'échiquier de croisement, l'interprétation des rapports phénotypiques et génotypiques, ainsi qu'une connaissance précise du dogme central de la biologie moléculaire.

Les épreuves du BAC C comportent systématiquement au moins un exercice de génétique (sur 6 à 8 points sur 20) et parfois une question de synthèse mobilisant génétique et évolution. Le format officiel de l'examen comprend des épreuves écrites obligatoires (Mathématiques, Physique-Chimie, SVT, Histoire-Géographie, Anglais, Français-Philosophie selon la série) ainsi qu'une épreuve pratique d'EPS. La note d'admission est fixée à ≥10/20. Pour l'épreuve de SVT (durée 3h, coefficient 3), la maîtrise de ce chapitre est donc déterminante pour l'obtention du diplôme.

📚 Concepts clés détaillés

🌱 Les trois lois de Mendel

📐 Définition officielle (MINESEC)
Les lois de Mendel décrivent la transmission héréditaire des caractères discontinus (qualificatifs) entre générations. Elles reposent sur trois postulats : (1) existence d'unités héréditaires distinctes (allèles), (2) ségrégation équitable des allèles lors de la méiose, (3) indépendance de la transmission de caractères différents portés par des chromosomes distincts.

1ère loi — Uniformité de la génération F1 (hybrides de première génération) : Lors du croisement de deux lignées pures différant par un seul caractère (monohybridisme), tous les hybrides de première génération F1 présentent le même phénotype, celui du parent dominant.

Exemple : Pois à graines lisses (LL) × Pois à graines ridées (rr) → 100% de F1 à graines lisses (Lr). L'allèle "lisse" (L) est dominant sur "ridé" (r).

2ème loi — Disjonction des caractères en F2 (ségrégation) : Lors de l'autofécondation des hybrides F1, on observe en F2 une réapparition du caractère récessif selon un rapport phénotypique 3:1 (3 dominants pour 1 récessif) et génotypique 1:2:1 (1 homozygote dominant : 2 hétérozygotes : 1 homozygote récessif).

Exemple : F1 (Lr) × F1 (Lr) → F2 : 1 LL + 2 Lr + 1 rr, soit 3 lisses : 1 ridé.

3ème loi — Indépendance des caractères (dihybridisme) : Lors du croisement de deux lignées pures différant par deux caractères indépendants (portés par des chromosomes différents), on observe en F2 un rapport phénotypique de 9:3:3:1.

Exemple : Pois graines lisses-jaunes (LLJJ) × ridées-vertes (rrjj) → F1 tous lisses-jaunes (LlJj) → F2 : 9 lisses-jaunes : 3 lisses-verts : 3 ridés-jaunes : 1 ridé-vert.

👥 Hérédité liée au sexe

Chez l'espèce humaine et de nombreux mammifères, le déterminisme du sexe repose sur une paire de chromosomes sexuels : XX chez la femme, XY chez l'homme. Le chromosome X est beaucoup plus grand que Y et porte de nombreux gènes non liés à la différenciation sexuelle. Les allèles récessifs portés par X s'expriment systématiquement chez les hommes (hémizygotes) mais seulement chez les femmes homozygotes récessives.

🔬 Maladies récessives liées à X
Hémophilie A : déficit en facteur VIII de coagulation (gène F8 sur Xp28)
Daltonisme : déficit en perception des couleurs rouge/vert (gènes OPN1LW et OPN1MW sur Xq28)
Myopathie de Duchenne : dégénérescence musculaire progressive (gène DMD sur Xp21)

Transmission typique : Une femme conductrice hétérozygote (XNXh) × Homme sain (XNY) donnent statistiquement 25% de fils atteints, 25% de fils sains, 25% de filles conductrices et 25% de filles saines. Les pères atteints transmettent systématiquement l'allèle pathologique à leurs filles (qui deviennent conductrices) mais jamais à leurs fils (qui reçoivent le Y paternel).

📊 Génétique des populations : loi de Hardy-Weinberg

📐 Loi de Hardy-Weinberg (référentiel MINESEC)
Dans une population idéale (effectif infini, panmixie, absence de mutation, migration et sélection), les fréquences alléliques et génotypiques restent constantes de génération en génération selon l'équation : p² + 2pq + q² = 1 où p et q sont les fréquences des deux allèles d'un gène biallélique (p + q = 1).

Cette loi constitue un modèle théorique de référence permettant d'identifier les forces évolutives agissant sur les populations réelles :

  • Sélection naturelle : avantage reproductif différentiel selon les génotypes
  • Dérive génétique : variations aléatoires des fréquences alléliques dans les petites populations
  • Mutations : apparition de nouveaux allèles modifiant le pool génétique
  • Migrations : flux de gènes entre populations (immigration/émigration)
  • Consanguinité : reproduction entre apparentés augmentant l'homozygotie

Application : Drépanocytose en Afrique subsaharienne. Fréquence allèle S ≈ 0,15 dans certaines zones. Selon Hardy-Weinberg : SS (drépanocytaires majeurs) ≈ 2,25%, AS (hétérozygotes protégés du paludisme) ≈ 25,5%, AA (normaux) ≈ 72,25%. La sélection balancée maintient l'allèle S malgré sa létalité à l'état homozygote car l'hétérozygotie confère un avantage contre Plasmodium falciparum.

🧬 Structure et réplication de l'ADN

L'acide désoxyribonucléique (ADN) est une macromolécule formée de deux brins antiparallèles enroulés en double hélice. Chaque brin est un polymère de nucléotides composés de :

  • Un sucre à 5 carbones (désoxyribose)
  • Un groupement phosphate
  • Une base azotée : Purines (Adénine A, Guanine G) ou Pyrimidines (Thymine T, Cytosine C)

Règle de complémentarité de Chargaff : A s'apparie avec T par deux liaisons hydrogène, G avec C par trois liaisons. Dans tout ADN bicaténaire : %A = %T et %G = %C.

Réplication semi-conservative (démontrée par Meselson et Stahl, 1958) : Chaque brin parental sert de matrice pour la synthèse d'un brin néoformé complémentaire. L'ADN polymérase synthétise le nouveau brin dans le sens 5'→3' en utilisant les désoxynucléotides triphosphates (dNTP). Résultat : deux molécules d'ADN identiques, chacune constituée d'un brin ancien et d'un brin nouveau.

Étape Enzyme principale Fonction
Ouverture de l'hélice Hélicase Rompt les liaisons H entre bases
Stabilisation Protéines SSB Empêche le réappariement
Amorçage Primase Synthétise une amorce ARN
Élongation ADN polymérase III Polymérise les nucléotides 5'→3'
Correction ADN polymérase I Remplace les amorces ARN par ADN
Liaison Ligase Soude les fragments d'Okazaki

🔄 Transcription : de l'ADN à l'ARN messager

La transcription est la synthèse d'un ARN messager (ARNm) complémentaire à un gène de l'ADN. Chez les eucaryotes, elle se déroule dans le noyau et comprend trois phases :

1. Initiation : L'ARN polymérase II reconnaît et se fixe sur le promoteur du gène (séquence TATA box située environ 25 pb en amont du site d'initiation). Avec l'aide de facteurs de transcription, l'enzyme ouvre localement la double hélice.

2. Élongation : L'ARN polymérase II polymérise les ribonucléotides (ATP, GTP, CTP, UTP) en suivant le brin matrice 3'→5' pour synthétiser l'ARN 5'→3'. L'uracile (U) remplace la thymine dans l'ARN : A(ADN)→U(ARN), T→A, G→C, C→G.

3. Terminaison : L'enzyme rencontre un signal de terminaison (séquence polyadénylation), se détache et libère le transcrit primaire.

✂️ Maturation de l'ARN (épissage)
Le transcrit primaire subit une maturation avant de quitter le noyau :
Coiffe 5' : ajout d'une 7-méthylguanosine protectrice
Polyadénylation 3' : ajout d'une queue poly(A) de 150-250 adénines
Épissage : excision des introns (séquences non codantes) et jonction des exons (séquences codantes) par le spliceosome

🏭 Traduction : de l'ARNm à la protéine

La traduction est la synthèse d'une chaîne polypeptidique dans le cytoplasme (ribosomes) selon l'information portée par l'ARNm. Le code génétique établit la correspondance entre triplets de nucléotides (codons) et acides aminés. Ce code est :

  • Triplet : 3 nucléotides → 1 acide aminé (64 codons possibles pour 20 AA)
  • Universel : identique chez presque tous les êtres vivants
  • Dégénéré : plusieurs codons pour un même AA (redondance)
  • Non ambigu : un codon = un seul AA
  • Ponctué : codon initiateur AUG (Méthionine) et 3 codons stop (UAA, UAG, UGA)

Mécanisme de traduction :

Initiation : La petite sous-unité ribosomale (40S) se fixe sur la coiffe 5' de l'ARNm et glisse jusqu'au codon AUG initiateur. L'ARN de transfert (ARNt) spécifique de la méthionine (anticodon 3'-UAC-5') s'apparie avec AUG. La grande sous-unité (60S) s'associe, formant le ribosome complet avec trois sites : A (aminoacyl), P (peptidyl), E (exit).

Élongation : Cycle répété : (1) Un nouvel ARNt portant son AA entre dans le site A par complémentarité anticodon-codon. (2) Formation d'une liaison peptidique entre l'AA du site P et celui du site A (peptidyl transférase). (3) Translocation : le ribosome avance de 3 nucléotides, l'ARNt déchargé passe de P vers E puis sort, le nouvel ARNt-peptide passe de A vers P.

Terminaison : Lorsqu'un codon stop entre dans le site A, un facteur de libération se fixe, hydrolyse la liaison entre le polypeptide et l'ARNt, et provoque la dissociation du ribosome. La protéine néosynthétisée subit ensuite des modifications post-traductionnelles (repliement, clivages, glycosylations).

⚠️ Mutations génétiques et chromosomiques

Une mutation est une modification permanente et héréditaire du matériel génétique. On distingue :

Mutations géniques (ponctuelles) :

  • Substitution : remplacement d'un nucléotide par un autre
    • Silencieuse : pas de changement d'AA (dégénérescence du code)
    • Faux-sens : changement d'AA (ex: drépanocytose GAG→GTG, Glu→Val)
    • Non-sens : création d'un codon stop prématuré (protéine tronquée)
  • Délétion : perte d'un ou plusieurs nucléotides → décalage du cadre de lecture (frameshift) si non multiple de 3
  • Insertion : ajout d'un ou plusieurs nucléotides → décalage du cadre si non multiple de 3

Mutations chromosomiques (structurales) :

  • Délétion : perte d'un segment chromosomique (ex: syndrome du cri du chat, délétion 5p)
  • Duplication : répétition d'un segment
  • Inversion : rotation à 180° d'un segment
  • Translocation : transfert d'un segment vers un autre chromosome (ex: leucémie myéloïde chronique, translocation 9;22)

Mutations génomiques (anomalies du nombre de chromosomes) :

  • Aneuploïdies : nombre anormal de chromosomes
    • Trisomie 21 (syndrome de Down) : 47 chromosomes (2n+1), chromosome 21 surnuméraire
    • Syndrome de Klinefelter : 47,XXY (homme avec X surnuméraire)
    • Syndrome de Turner : 45,X (femme avec un seul X)
  • Polyploïdies : multiple du stock haploïde (3n, 4n...) rares et létales chez l'homme
☢️ Agents mutagènes
Physiques : rayons UV, rayons X, rayons gamma
Chimiques : agents alkylants, analogues de bases, intercalants (benzopyrène du tabac)
Biologiques : virus oncogènes (HPV, HBV)
La majorité des mutations sont réparées par des systèmes enzymatiques. Les mutations non réparées dans les cellules germinales sont transmises à la descendance.

💡 Exemples pratiques résolus

Exemple 1 : Exercice de dihybridisme (type BAC)

📝 ÉNONCÉ
Chez la drosophile, le corps gris (G) domine le corps ébène (g) et les ailes longues (L) dominent les ailes vestigiales (l). Ces deux gènes sont portés par des chromosomes différents. On croise une femelle homozygote grise à ailes longues avec un mâle ébène à ailes vestigiales.

Questions :
1. Quel est le phénotype et le génotype de tous les individus F1 ?
2. On réalise un croisement-test d'un mâle F1 avec une femelle ébène à ailes vestigiales. Établir l'échiquier de croisement et déterminer les proportions phénotypiques attendues en F2.
3. Lors d'un croisement F1×F1, combien de types de gamètes différents produira chaque parent et quelles seront les proportions phénotypiques en F2 ?

RÉSOLUTION DÉTAILLÉE

Question 1 : Génération F1

Parents :
♀ Grise, ailes longues, homozygote : GGLL
♂ Ébène, ailes vestigiales : ggll

Gamètes :
♀ produit uniquement : GL
♂ produit uniquement : gl

F1 : 100% GgLl → Phénotype : Gris à ailes longues (tous identiques, conformément à la 1ère loi de Mendel).

Question 2 : Croisement-test (back-cross)

♂ F1 GgLl × ♀ double récessive ggll

Gamètes :
♂ F1 produit 4 types équiprobables : GL, Gl, gL, gl (25% chacun)
♀ produit uniquement : gl

Gamètes ♀ \ ♂ GL (25%) Gl (25%) gL (25%) gl (25%)
gl (100%) GgLl
Gris, long
Ggll
Gris, vestigial
ggLl
Ébène, long
ggll
Ébène, vestigial

Proportions phénotypiques F2 : 1:1:1:1 (25% de chaque phénotype). Ce résultat confirme l'indépendance des deux gènes et valide le génotype hétérozygote du parent F1.

Question 3 : Croisement F1 × F1

♂ F1 GgLl × ♀ F1 GgLl

Chaque parent produit 4 types de gamètes : GL, Gl, gL, gl (25% chacun selon la 3ème loi de Mendel).

Échiquier de croisement 4×4 (16 cases) :

♀\♂ GL Gl gL gl
GL GGLL GGLl GgLL

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