Qu'est-ce que l'ETG et pourquoi est-il difficile ?
L'ETG (Examen Théorique Général) — communément appelé "code de la route" — est la première étape obligatoire du permis de conduire français (catégorie B). Il est géré par le Ministère de l'Intérieur et organisé dans des centres d'examen agréés à travers toute la France et dans certains pays étrangers.
En 2026, l'ETG maintient son format de 40 questions à choix multiples projetées sur écran (séries filmées), à traiter en 30 minutes. Le seuil de réussite est de 35 réponses correctes sur 40 (87,5%). En dessous de ce score, le candidat doit repasser l'examen entier, en payant à nouveau les frais de présentation (~30€ en auto-école, ~15€ en centre agréé indépendant).
La difficulté pour les candidats étrangers ou les adultes auto-didactes réside dans deux aspects :
- La formulation des questions : l'ETG utilise des formulations précises avec des nuances importantes ("peut", "doit", "toujours", "jamais") qui piègent les candidats qui apprennent par cœur sans comprendre les règles
- Le format vidéo : contrairement au simple QCM texte, les questions ETG sont présentées via des films de situations réelles en vue conducteur — une approche qui nécessite d'être entraîné spécifiquement
Le format 2026 de l'ETG en détail
Structure d'une session d'examen
Lors de l'examen, les candidats sont regroupés par séries de 20 à 30 personnes dans une salle informatisée. Chaque candidat voit les mêmes 40 vidéos sur son écran individuel. Chaque vidéo dure entre 15 et 45 secondes et présente une situation de conduite réelle, suivie d'une ou plusieurs questions à choix multiples. Le temps de réponse par question est limité (environ 20-30 secondes).
Les 7 grandes thématiques
| Thème | % estimé des questions | Difficulté relative |
|---|---|---|
| Règles de priorité | ~20% | Élevée |
| Signalisation (panneaux, marquages) | ~15% | Moyenne |
| Alcool, stupéfiants et médicaments | ~10% | Moyenne |
| Vitesse et distances | ~15% | Élevée |
| Mécanique et sécurité passive | ~10% | Faible |
| Premiers secours (PSC1) | ~10% | Faible |
| Environnement et éco-conduite | ~10% | Faible |
Les règles de priorité : le thème le plus piégeux
Les règles de priorité à l'intersection représentent la principale source d'échec à l'ETG. Le système français repose sur plusieurs principes qui se superposent :
- Priorité à droite : dans toute intersection sans signalisation, le véhicule venant de la droite est prioritaire — même si sa rue semble plus petite
- Cédez le passage : le panneau triangle pointe vers le bas (avec ou sans barre rouge) indique que vous devez laisser passer les autres usagers
- Route prioritaire : le panneau à fond jaune avec bordure blanche vous indique que vous êtes sur une route prioritaire à toutes les intersections, sauf signalisation contraire
- Giratoires : depuis 2010, dans les ronds-points signalisés "Vous n'avez pas la priorité", les véhicules engagés dans le rond-point sont prioritaires sur ceux qui y entrent
Le piège classique : on montre une intersection avec un panneau "cédez le passage" sur votre route. Vous devez laisser passer un piéton qui traverse. Mais la question demande aussi si un cycliste qui arrive de la droite sur une piste cyclable est prioritaire — réponse : oui, car la piste cyclable est considérée comme une voie de circulation à part entière.
Alcool, drogues et médicaments : les règles à mémoriser exactement
Ce thème est moins piégeux que les priorités car les chiffres sont précis :
- Taux légal général : 0,5 g/L de sang (soit 0,25 mg/L d'air expiré)
- Permis probatoire (3 premières années) : 0,2 g/L de sang — infraction pénale dès 0,2
- Conducteurs accompagnés (AAC) : 0,2 g/L également
- Professionnels du transport : 0,2 g/L (bus, taxi, VTC, poids lourds)
- Conduite sous stupéfiants : infraction indépendante de l'alcool — détection par test salivaire, sanctions identiques à l'alcool voire supérieures si cumul
Les questions sur les médicaments sont souvent mal préparées : en France, les médicaments sont classés de 1 (prudence) à 3 (ne pas conduire). Un médicament de niveau 2 ne vous interdit pas de conduire, mais vous oblige à prendre des précautions. Un niveau 3 implique une interdiction formelle.
Vitesses et distances : les chiffres exacts
| Type de voie | Vitesse maximale (conditions normales) | Par pluie / conditions dégradées |
|---|---|---|
| Agglomération | 50 km/h | 50 km/h |
| Hors agglomération (2 voies) | 80 km/h | 80 km/h |
| Route nationale à 2×2 voies avec séparateur | 110 km/h | 100 km/h |
| Autoroute | 130 km/h | 110 km/h (pluie) / 50 km/h (brouillard <50 m) |
| Zones 30 et partagées | 30 km/h | 30 km/h |
Note importante 2026 : la limitation à 80 km/h hors agglomération (introduite en 2018) reste en vigueur sur les routes à double sens sans séparateur central. Cette règle fait encore l'objet de nombreuses questions ETG car elle est souvent confondue avec les anciennes limites à 90 km/h.
Méthode de révision recommandée pour réussir du premier coup
Phase 1 — Apprentissage (3-4 semaines)
Ne commencez pas directement par les tests pratiques. Lisez d'abord le code de la route officiel (édition La Rousse ou Code Vagnon, disponible en bibliothèque). Concentrez-vous sur les règles de priorité et les vitesses — 70% des erreurs viennent de là. Prenez des notes sous forme de fiches.
Phase 2 — Entraînement sur tests pratiques (2-3 semaines)
Utilisez des applications reconnues comme iCode, Préparer le code (application officielle des auto-écoles), ou le site code-route.fr. Faites au moins 10 séries de 40 questions par semaine. Consultez notre simulateur ETG ITAG pour des séries en conditions réelles avec timer et corrections détaillées.
Notez chaque erreur et sa catégorie (priorité ? vitesse ? signalisation ?). Si vous faites plus de 3 erreurs dans une même catégorie, revenez au cours avant de continuer les tests.
Phase 3 — Consolidation (1 semaine avant l'examen)
Ne faites plus que des séries complètes de 40 questions chronométrées. Visez 38/40 minimum en entraînement avant de vous présenter. Les 30 minutes semblent longues mais la pression du centre d'examen et le format vidéo ralentissent les candidats.
Candidats étrangers : équivalences et cas particuliers
Si vous résidez en France depuis moins d'un an et disposez d'un permis de conduire étranger valide, vous pouvez conduire légalement sans passer l'ETG pendant cette période. Après un an, les règles d'échange dépendent de votre pays d'origine :
- Pays UE/EEE : échange direct, sans ETG ni examen pratique, dans une préfecture
- Pays avec accord bilatéral (liste sur le site de la préfecture) : échange simplifié possible
- Autres pays : obligation de passer l'ETG puis l'examen pratique, sans dispense, même avec 20 ans d'expérience
La liste des pays avec accord bilatéral inclut notamment le Canada, la Corée du Sud, le Japon, l'Australie et plusieurs pays d'Amérique latine. La majorité des pays d'Afrique subsaharienne n'ont pas d'accord, ce qui oblige les nouveaux résidents à repasser intégralement.
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